La Commission économique des Nations U nies pour l’Afrique (CEA) a appelé lundi les pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC, sigle anglais) à accélérer la transformation de leurs richesses minières et agricoles en capacités industrielles, chaînes de valeur régionales et emplois.
S’exprimant devant les chefs d’Etat et de gouvernement réunis à Durban, en Afrique du Sud, à l’occasion du 46e sommet ordinaire de la SADC, le secrétaire exécutif de la CEA, Claver Gatete, a déploré la place encore marginale de l’Afrique dans les chaînes de valeur mondiales.
« L’Afrique exporte des minerais ; d’autres fabriquent des batteries, des véhicules électriques et des technologies d’énergies renouvelables. L’Afrique exporte des produits agricoles ; d’autres les transforment, les conditionnent et les commercialisent à plus forte valeur ajoutée », a-t-il relevé.
Selon la CEA, l’Afrique australe dispose d’importantes réserves de platine, lithium, diamants, manganèse, cobalt et cuivre, ainsi que de terres agricoles, de capacités manufacturières, de marchés financiers et de corridors de transport reliant les océans Indien et Atlantique.
Le continent détient environ 30 % des réserves mondiales de minerais essentiels à la transition énergétique, dont la demande pourrait plus que tripler d’ici 2030 dans les scénarios de neutralité carbone.
Malgré ce potentiel, les activités minières ne représentent que 7 % des emplois directs dans la SADC, une situation qui, selon la CEA, illustre l’ampleur des possibilités d’industrialisation.
La Commission cite notamment le cas d’une usine de précurseurs de batteries d’une capacité de 10 000 tonnes en République démocratique du Congo (RDC), dont le coût est estimé à 39 millions de dollars, soit environ trois fois moins qu’une installation équivalente aux Etats-Unis, tout en permettant de réduire les émissions liées aux chaînes d’approvisionnement actuelles passant par la Chine.
Pour accélérer cette transformation, M. Gatete a identifié six priorités, notamment la mobilisation de financements à grande échelle, l’accélération de la transformation locale des minerais, la modernisation de l’agriculture et le renforcement des chaînes de valeur régionales.
Il a également appelé à faire de la sécurité des engrais et des intrants agricoles une priorité stratégique, à exploiter pleinement les possibilités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et à accélérer les investissements dans l’énergie et les infrastructures.
La CEA et la Banque africaine de développement travaillent notamment sur plusieurs chaînes de valeur et corridors liés aux minerais critiques, dont la filière batteries et véhicules électriques reliant la RDC, la Zambie, la Tanzanie et l’Afrique du Sud.
D’autres initiatives concernent un corridor d’industrialisation du lithium entre le Zimbabwe, la Namibie, le Botswana et l’Afrique du Sud, ainsi qu’un corridor de transformation du graphite reliant le Mozambique, Madagascar et la Tanzanie.
Un autre corridor consacré au minerai de fer, au manganèse et aux matériaux industriels verts associe notamment la Guinée, la Mauritanie, le Libéria, l’Afrique du Sud, le Gabon, le Zimbabwe et la Namibie.
« L’Afrique australe dispose des minerais, de l’agriculture, de l’énergie, des financements, des ports, des compétences et des marchés nécessaires pour bâtir des réseaux de production régionaux compétitifs », a estimé le responsable onusien.
La CEA a réaffirmé sa volonté de travailler avec la SADC, la Banque africaine de développement et les autres partenaires afin d’accélérer la mise en œuvre de cette stratégie d’industrialisation à l’échelle régionale.
ARD/te/Sf/APA







