Sans contester la décision du président Faye, le parti d’Ousmane Sonko salue le bilan de son gouvernement et réaffirme ses orientations, épilogue d’une rupture qui s’est construite sur plus d’un an de tensions au sommet de l’État.
Le Bureau politique national du Pastef a salué, vendredi, le bilan d’Ousmane Sonko, quelques heures après sa révocation par le président Bassirou Diomaye Faye, tout en réaffirmant sa fidélité au projet politique porté par le parti depuis son accession au pouvoir en 2024.
Dans un communiqué officiel, la formation politique a rendu hommage au « travail remarquable » accompli par M. Sonko à la tête du gouvernement, évoquant « la rigueur, le patriotisme et un sens profond de l’intérêt général ». Le parti considère également que « le leadership et la vision » de son leader historique ont constitué « une étape fondatrice » de la révolution citoyenne défendue par le Pastef.
Sans contester la décision du chef de l’État, le Bureau politique national a réaffirmé son « engagement total et indéfectible » à poursuivre les orientations politiques validées, selon lui, par les Sénégalais lors des scrutins de mars et novembre 2024. Le communiqué insiste sur la continuité du cap politique autour de « la souveraineté, du patriotisme et de l’unité africaine ».
La réaction du parti intervient au terme d’une détérioration progressive des relations entre les deux principales figures de l’exécutif sénégalais. Sortis ensemble de prison après l’adoption de la loi d’amnistie et portés au pouvoir sous le slogan « Diomaye mooy Sonko », MM. Faye et Sonko avaient incarné une alternance politique présentée comme unie et solidaire.
Les premières divergences publiques sont apparues à partir de l’automne 2025, notamment autour de la restructuration de la coalition « Diomaye Président ». Le président Faye avait alors confié la coordination de la plateforme à Aminata Touré, une initiative contestée par le Pastef, qui avait parallèlement lancé son propre cadre politique dénommé « APTE – Alliance patriotique pour le travail et l’éthique ».
Au fil des mois, les tensions se sont accentuées au sein de la majorité présidentielle. En juillet 2025, Ousmane Sonko avait publiquement appelé à davantage de fermeté dans la conduite de l’action gouvernementale, tandis que le président Faye tentait encore d’afficher une relation apaisée.
Début mai 2026, le chef de l’État avait rappelé publiquement ses prérogatives constitutionnelles en matière de nomination et de révocation du Premier ministre. La rupture est finalement intervenue vendredi, après une séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale au cours de laquelle M. Sonko a exprimé un désaccord avec le président sur la gestion des fonds politiques.
Quelques heures plus tard, la présidence annonçait la fin des fonctions du Premier ministre et de l’ensemble du gouvernement.
Dans une réaction publiée sur les réseaux sociaux, Ousmane Sonko a écrit : « Alhamdoulillah. Ce soir je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui ».
Le gouvernement sortant assure l’expédition des affaires courantes dans l’attente de la nomination d’une nouvelle équipe. Le congrès du Pastef est prévu le 6 juin prochain.
AC/Sf/APA






