Retardée par des conditions climatiques défavorables, la campagne des myrtilles démarre dans le nord du Maroc sur des bases jugées encourageantes, avec une production en progression et un arbitrage provisoire en faveur du marché intérieur.
La campagne marocaine des myrtilles a officiellement débuté dans les régions du nord du pays, avec un décalage de plusieurs semaines par rapport à l’exercice précédent. Ce retard, devenu récurrent, est principalement attribué à des conditions météorologiques marquées par des épisodes de froid prolongés, qui ont freiné la maturation des fruits. Selon les professionnels du secteur, cette contrainte climatique a pesé plus lourdement sur les zones du centre et du sud, notamment autour d’Agadir, où les volumes restent inférieurs aux attentes.
Dans le nord, en revanche, la situation apparaît plus favorable. « Cette année encore, le froid a retardé la maturation des fruits. À Agadir, les producteurs n’ont pas atteint les tonnages espérés. Mais dans le nord, la situation est plus favorable », explique Amine Bennani, président de l’Association marocaine des producteurs de fruits rouges.
Les premières récoltes enregistrées dans la région de Larache laissent entrevoir une saison mieux orientée que celle de l’an dernier.
Cette dynamique s’explique par plusieurs facteurs structurels. L’augmentation des superficies plantées, combinée à l’entrée en pleine production de vergers arrivés à maturité, devrait permettre une hausse globale des volumes. Malgré l’impact du froid sur certains paramètres qualitatifs, notamment le taux de sucre et la coloration de variétés sensibles, les producteurs indiquent que les calibres répondent globalement aux standards du marché, en particulier grâce au choix de variétés plus grosses progressivement privilégiées ces dernières années.
Autre caractéristique notable de ce début de campagne : l’orientation prioritaire des ventes vers le marché intérieur. Les prix pratiqués localement se sont révélés plus attractifs que ceux proposés à l’export, notamment vers l’Europe, où l’offre demeure abondante en ce début de saison. Les coûts logistiques et d’exportation élevés ont également pesé dans l’arbitrage des producteurs, incitant à privilégier une commercialisation nationale jugée plus rentable à court terme.
Cette stratégie reste toutefois conjoncturelle. Les professionnels anticipent un basculement progressif vers l’export à mesure que les volumes augmenteront et que la demande européenne se raffermira dans les semaines à venir. Sauf aléa climatique majeur, le pic de production est attendu pour le mois d’avril, une échéance clé pour une filière qui poursuit ses efforts d’adaptation face à la variabilité climatique et aux exigences des marchés.
Dans un contexte agricole marqué par une forte volatilité des prix et des rendements, la performance du nord du pays apparaît ainsi comme un levier essentiel pour amortir les chocs et soutenir la relance de la saison des fruits rouges au Maroc.
MK/ac/Sf/APA







