Le 24 mars 1959, Senghor et Modibo Keïta fondent le Parti de la Fédération africaine à Dakar. Le 24 mars 1969, le premier président congolais Kasa-Vubu meurt en exil à Boma. Le 24 mars 1976, naît Aliou Cissé. Le 24 mars 1991, le Bénin élit son premier président démocratique. Le 24 mars 2020, le musicien Manu Dibango disparaît du COVID-19. Le 24 mars 2024, Bassirou Diomaye Faye remporte la présidentielle sénégalaise.
Le 24 mars marque l’histoire africaine sur deux tiers de siècle, des projets panafricains de la décolonisation aux ruptures électorales du XXIe siècle, en passant par des disparitions symboliques et des naissances marquantes.
Le 24 mars 1930, David Dacko naît à Bouchia, en Oubangui-Chari — actuelle République centrafricaine. Neveu de Barthélémy Boganda, fondateur de la nation centrafricaine mort en 1959, il lui succède et devient le premier président de la République centrafricaine le 13 août 1960. Renversé par son cousin Jean-Bédel Bokassa en 1966, il est réinstallé par la France en 1979 après le renversement de ce dernier, avant d’être destituié à nouveau par le général André Kolinga en 1981. Son destin illustre les fragilités chroniques des institutions centrafricaines, ravagées depuis lors par une succession de conflits armés. Il décède le 20 novembre 2003 à Bangui.
Le 24 mars 1959, une conférence de Dakar fonde le Parti de la Fédération africaine (PFA), support politique de la Fédération du Mali regroupant le Sénégal et le Soudan français. Léopold Sédar Senghor en est le président et Modibo Keïta le secrétaire général. La même conférence convoque pour le 4 avril l’Assemblée législative fédérale. Le PFA tient son congrès constitutif les 1er-3 juillet 1959 à Dakar, avant que l’éclatement de la Fédération le 20 août 1960 ne signe sa dissolution. Jalon du panafricanisme fédéraliste dans l’espace francophone, le PFA illustre la vigueur des projets d’unité africaine au lendemain des indépendances — et leur fragilité devant les intérêts nationaux divergents.
Le 24 mars 1969, Joseph Kasa-Vubu s’éteint à l’hôpital de Boma, sur l’estuaire du fleuve Congo, d’une hémorragie cérébrale. Il avait environ 58 ans. Depuis son renversement par le général Mobutu le 25 novembre 1965, il vivait en résidence surveillée dans sa ferme du Mayombe, écarté de toute vie politique. Premier président de la République du Congo (1960-1965), fondateur de l’ABAKO — parti de la communauté bakongo — et artisan de l’indépendance aux côtés de Patrice Lumumba, dont il avait pourtant ordonné la destitution le 5 septembre 1960, il est l’une des figures les plus ambivalentes de la décolonisation africaine. Des dizaines de milliers de Congolais défilèrent dans les rues de Kinshasa le 26 mars pour son cortège funèbre, l’une des plus grandes foules jamais vues dans la capitale.
Le 24 mars 1976, Aliou Cissé naît à Ziguinchor, en Casamance. Milieu défensif, il fut l’un des piliers de la génération qui mena le Sénégal jusqu’en quart de finale de la Coupe du monde 2002 au Japon et Corée — le meilleur résultat de l’histoire africaine à ce stade de la compétition — et portait le brassard de capitaine lors de la séance de tirs au but contre la Turquie. Devenu sélectionneur national en 2015, il conduit les Lions du Sénégal jusqu’à deux finales de Coupe d’Afrique des nations (2019 et 2022, gagnée) et jusqu’en huitièmes de finale du Mondial 2022 au Qatar.
Le 24 mars 1991, le Bénin organise le deuxième tour de sa première élection présidentielle depuis l’abandon du système à parti unique. Nicéphore Soglô, ancien directeur de la Banque mondiale et figure de la société civile, remporte le scrutin avec 67,73 % des voix face au dictateur sortant Mathieu Kérékou, qui avait gouverné le pays d’une main de fer depuis 1972. Cette alternance — la première sur le continent africain par les urnes après une conférence nationale — fait du Bénin le modèle de la « rénovation démocratique » africaine des années 1990. Kérékou lui-même sera démocratiquement élu président en 1996 et 2001, parachevant la légitimation du processus.
Le 24 mars 2020, à 86 ans, Emmanuel Ndjoké Dibango — dit Manu Dibango — s’éteint dans un hôpital de la région parisienne des suites du COVID-19. Il est l’une des premières stars mondiales emportées par la pandémie. Né le 12 décembre 1933 à Douala, musicien, saxophoniste et vibraphoniste, il avait forgé un style unissant jazz, funk et musique traditionnelle camerounaise. Sa composition Soul Makossa (1972) est devenue un monument mondial du funk afro : placée au Top 40 américain en 1973, elle a inspiré Michael Jackson (« Wanna Be Startin’ Somethin’ ») et Rihanna (« Don’t Stop the Music ») — donnant lieu à plusieurs procès que Dibango mènera avec humour et détermination. Chevalier de la Légion d’honneur en 2010, il est pleuré par tout un continent.
Le 24 mars 2024, les Sénégalais élisent au premier tour à 54,28 % des voix Bassirou Diomaye Faye, candidat du parti Pastef d’Ousmane Sonko. À 44 ans, il devient le plus jeune président élu de l’histoire du Sénégal — et l’un des plus jeunes chefs d’État du continent africain. Onze jours plus tôt, le 14 mars, il avait été libéré d’une détention préventive de huit mois par une loi d’amnistie adoptée sous la pression de la rue. Son élection, la première acquise au premier tour de l’histoire du Sénégal depuis Abdoulaye Wade en 2000, est saluée comme un tournant anti-système dans un pays réputé pour sa stabilité démocratique.
Depuis 1982, l’OMS observe chaque 24 mars la Journée mondiale contre la tuberculose, en commémoration de la découverte du bacille de Koch le 24 mars 1882. Le 24 mars 2026 marque le 144e anniversaire de cette découverte. La tuberculose reste la maladie infectieuse la plus meurtriere au monde après le COVID-19, avec 1,25 million de morts en 2023 selon l’OMS — dont les deux tiers en Afrique et en Asie du Sud.
Sf/APA







