Plus de 2 100 participants issus de 74 pays se réunissent à l’Université Euromed de Fès pour interroger les effets de l’intelligence artificielle (IA) sur l’avenir des sociétés humaines.
L’Université Euromed de Fès (UEMF) accueille, les 27 et 28 avril, les Rencontres sur l’Alliance des civilisations, réunissant responsables institutionnels, experts et chercheurs autour des implications globales de l’intelligence artificielle (IA).
Selon les organisateurs, 2 100 participants représentant 74 pays prennent part à cet événement international, marqué par l’intervention de figures politiques et académiques de premier plan, dont le haut représentant de l’ONU pour l’Alliance des civilisations, Miguel Ángel Moratinos.
Dès l’ouverture, le président de l’UEMF, Mostapha Bousmina, a posé les termes du débat en soulignant l’ampleur des transformations en cours. «Nous assistons à un développement fulgurant de l’intelligence artificielle», a-t-il déclaré, évoquant l’émergence de formes avancées de systèmes intelligents.
Tout en reconnaissant des avancées majeures, notamment dans le domaine médical, il a insisté sur les interrogations liées à la place de l’humain, aux modes de gouvernance et aux équilibres sociaux. L’enjeu consiste, selon lui, à orienter ces évolutions afin qu’elles restent au service du bien-être collectif.
Ce positionnement trouve un prolongement dans les impacts sectoriels déjà observables. L’IA transforme les systèmes de santé, améliore les diagnostics et accélère la recherche pharmaceutique, tout en modifiant profondément les organisations productives.
L’interaction entre humains et machines s’intensifie, ce qui reconfigure les marchés du travail et les compétences requises. Ces mutations alimentent des préoccupations concrètes sur l’emploi, mais aussi sur l’encadrement éthique des technologies.
Ces préoccupations s’élargissent à des enjeux plus sensibles, notamment la gestion des données et la désinformation. Les intervenants ont évoqué les risques liés à l’influence des algorithmes sur les opinions publiques et à la diffusion de contenus trompeurs, susceptibles d’affecter la stabilité des sociétés.
À cet égard, Mostapha Bousmina a plaidé pour des cadres réglementaires adaptés, capables de protéger les données personnelles sans freiner l’innovation, saluant au passage les initiatives engagées par les autorités marocaines.
L’analyse s’étend également aux questions de souveraineté et de sécurité. L’intégration de l’IA dans les ոլորտ militaires constitue, selon les participants, un tournant majeur, tandis que la cybersécurité s’impose comme un axe prioritaire.
À ces enjeux s’ajoute la question énergétique, les infrastructures numériques et les centres de données nécessitant des ressources importantes, ce qui renforce le lien avec les stratégies de transition énergétique, notamment en Afrique.
MK/AK/Sf/APA







