La Commission électorale nationale d’Éthiopie (NEBE) a révoqué le statut juridique du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), invoquant le non-respect par le parti des lois et règlements électoraux en vigueur.
Dans un communiqué publié mercredi, la Commission électorale éthiopienne accuse le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) de n’avoir pas respecté les dispositions de la Proclamation n°1332/2016, malgré la reconnaissance de sa personnalité juridique dans le cadre d’un « arrangement spécial » consécutif à l’Accord de Prétoria signé en novembre 2022.
La commission rappelle qu’un dernier avertissement avait été adressé en février au TPLF, lui demandant d’organiser son assemblée générale sous peine de voir son enregistrement annulé. Selon le communiqué, le parti a échoué à s’y conformer.
La NEBE précise qu’après avoir rejeté une demande de réhabilitation du TPLF – dont le statut avait initialement été révoqué pour son implication dans des violences conformément à la Proclamation n°1162/2011 – elle avait offert une nouvelle opportunité d’enregistrement sous conditions spéciales, en lien avec l’évolution du cadre juridique.
Cependant, malgré une suspension de trois mois de ses activités politiques et plusieurs avertissements écrits, le TPLF n’aurait pris aucune mesure corrective, ce qui a conduit à la décision finale de révocation de son enregistrement, sur la base des articles 3(11)(c) de la Proclamation 1332/2016 et 19(1)(c) de la Directive 25/2016.
Le TPLF conteste cette décision, affirmant ne jamais avoir reconnu l’« enregistrement spécial » proposé par la NEBE, estimant que l’Accord de Pretoria lui garantit un retour automatique à son statut légal antérieur. Une position que la NEBE rejette catégoriquement, affirmant que l’interprétation du TPLF « n’est pas acceptable ».
Le TPLF, l’un des partis les plus influents de l’histoire récente de l’Éthiopie, a célébré son 50e anniversaire en début d’année. Cette décision marque une nouvelle étape dans les tensions persistantes entre le parti tigréen et les autorités fédérales, malgré les efforts de réconciliation amorcés depuis la fin du conflit dans le nord du pays.
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