L’entité sahraouie autoproclamée n’a pas été conviée au sommet Afrique-Italie organisé à Addis-Abeba, malgré des démarches diplomatiques algériennes.
Le front Polisario n’a pas pris part au récent Sommet Italie-Afrique tenu au siège de l’Union africaine dans la capitale éthiopienne. Selon des sources diplomatiques concordantes, les invitations adressées par Rome ont concerné exclusivement les États africains reconnus par les Nations Unies, excluant de facto l’entité autoproclamée « RASD ».
La rencontre a réuni les délégations de 54 pays africains autour des priorités de coopération économique, énergétique et migratoire.
Des démarches ont été entreprises en amont par l’Algérie, principal soutien du Polisario, afin d’obtenir la participation de cette entité aux travaux, indiquent plusieurs diplomates africains. Ces initiatives n’ont pas abouti. Le gouvernement italien a maintenu le format initial du sommet, limité aux États souverains reconnus au plan international.
Interrogés à Addis-Abeba, des responsables italiens ont rappelé que l’objectif de la rencontre était de consolider un partenariat bilatéral structuré avec les gouvernements africains, dans le respect des normes diplomatiques en vigueur.
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a inscrit ce sommet dans le cadre du « Plan Mattei », stratégie présentée par Rome comme un nouveau pilier de sa politique africaine. Ce plan vise à renforcer la sécurité énergétique de l’Italie, diversifier ses approvisionnements en gaz, soutenir des projets d’infrastructures et encadrer la coopération en matière migratoire. Les autorités italiennes mettent en avant une approche fondée sur des partenariats économiques ciblés et des accords intergouvernementaux.
Sur le plan régional, la question du Sahara occidental demeure un sujet de divergences diplomatiques entre le Maroc et l’Algérie. Rabat défend un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine, tandis qu’Alger soutient le Polisario.
Plusieurs capitales occidentales ont, ces dernières années, exprimé leur appui à l’initiative marocaine d’autonomie, sans que les Nations Unies n’aient modifié le cadre formel du processus politique.
L’exclusion du Polisario du format Italie-Afrique s’inscrit dans une pratique déjà observée lors d’autres sommets internationaux associant des partenaires africains et des puissances extérieures, où les invitations sont généralement réservées aux États reconnus. À Addis-Abeba, les discussions ont porté prioritairement sur les investissements, l’énergie et le développement, laissant en marge les contentieux régionaux non résolus.
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