Le gouvernement burkinabè a officiellement approuvé, mercredi, la nomination du Camerounais Njoya Tikum au poste de Coordonnateur résident du système des Nations Unies au Burkina Faso.
La désignation de Njoya Tikum comme Coordonnateur du système onusien au Burkina intervient plusieurs mois après l’expulsion de l’ancienne représentante par les autorités de Ouagadougou.
À l’issue du Conseil des ministres, le gouvernement a indiqué que « le Conseil a marqué son accord pour la nomination de Monsieur Tikum Njoya en qualité de Coordonnateur résident du système des Nations unies au Burkina Faso », selon une annonce faite par le ministère des Affaires étrangères.
Âgé de 46 ans, Njoya Tikum est juriste et spécialiste du développement. Il occupait jusqu’ici les fonctions de représentant résident du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) au Sénégal, ainsi que celles de directeur régional du PNUD pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Sa nomination intervient dans un contexte de tensions persistantes entre le Burkina Faso et les Nations Unies depuis l’expulsion, en août 2025, de la précédente coordonnatrice résidente, Carol Flore-Smereczniak, déclarée persona non grata par les autorités burkinabè.
Le gouvernement lui reprochait la diffusion d’un rapport des Nations Unies jugé « mensonger » concernant la situation des enfants au Burkina Faso, notamment des accusations d’abus imputées aux forces gouvernementales. L’ONU avait alors regretté cette décision tout en réaffirmant sa volonté de poursuivre son soutien au pays.
Cette mesure constituait la deuxième expulsion visant un haut responsable onusien au Burkina Faso, après celle de Barbara Manzi en décembre 2022. Depuis septembre 2025, Maurice Azonnankpo assurait l’intérim à la tête du système des Nations Unies dans le pays.
De nationalité camerounaise, Njoya Hilary Tikum possède une solide expérience au sein des agences des Nations Unies, particulièrement dans les domaines de la gouvernance, de la consolidation de la paix et du développement durable en Afrique.
Avant de rejoindre le système des Nations Unies, il a exercé comme avocat et spécialiste des droits humains. Il a notamment été chercheur principal à l’Institut des droits de l’homme de la faculté de droit de l’Université Columbia, aux États-Unis, ainsi que juriste au Comité des services africains. Il a également cofondé le Centre de droit d’intérêt public au Cameroun.
Au sein des Nations Unies, il a occupé plusieurs fonctions de direction au Programme des volontaires des Nations Unies (VNU) puis au PNUD. Il a notamment dirigé le bureau régional du VNU pour l’Afrique orientale et australe, supervisant les programmes régionaux et les opérations institutionnelles.
Selon sa biographie officielle, il a également travaillé pour le PNUD au Sénégal, en Éthiopie, au Libéria, au Soudan du Sud et au siège des Nations Unies à New York.
Ses travaux portent principalement sur la gouvernance, la lutte contre la corruption, les questions de paix et de sécurité, ainsi que sur la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD). Auteur de plusieurs publications et tribunes, il est reconnu comme un spécialiste des enjeux institutionnels et de l’intégration régionale en Afrique.
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