Le président Abdelmadjid Tebboune appelle au dialogue à Bamako, dans un contexte de perte d’influence diplomatique.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a exprimé, le 2 avril, sa préoccupation face à la dégradation sécuritaire et politique au Mali, appelant les autorités de transition à privilégier le dialogue avec leur population. Dans un entretien diffusé par des médias nationaux, il a estimé que la trajectoire actuelle du Mali conduisait à une instabilité prévisible, tout en réaffirmant la nécessité d’une approche inclusive pour sortir de la crise.
Dans le prolongement de cette prise de position, Alger tente de réaffirmer une doctrine diplomatique fondée sur la médiation et le refus du recours à la force. « La voie de la raison, c’est de discuter avec son peuple », a déclaré M. Tebboune, en rappelant que les changements politiques non constitutionnels pouvaient être encadrés par des mécanismes légaux. Cette posture s’inscrit dans la continuité des Accords d’Alger de 2015, que le président a qualifiés de « fait malien », tout en minimisant l’implication directe de son pays.
Cette lecture contraste toutefois avec l’évolution récente des rapports de force au Sahel, où l’influence algérienne apparaît en recul. Depuis 2022, les autorités maliennes ont progressivement pris leurs distances avec les mécanismes issus de la médiation d’Alger, privilégiant d’autres partenariats sécuritaires et redéfinissant leurs alliances régionales. Aucun cadre opérationnel renouvelé des Accords d’Alger n’a été formellement relancé à ce jour, selon les informations disponibles.
Dans ce contexte, les déclarations du président algérien interviennent alors que le Sahel connaît une recomposition rapide de ses équilibres stratégiques. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont engagé une coordination renforcée au sein de l’Alliance des États du Sahel, marquant une redéfinition des cadres traditionnels de coopération régionale. Cette dynamique limite la capacité d’Alger à peser directement sur les orientations politiques de Bamako.
Sur le plan diplomatique, M. Tebboune a réaffirmé l’attachement de l’Algérie à une ligne de non-alignement, évoquant des relations à la fois avec les États-Unis et ses partenaires traditionnels comme la Russie et la Chine. Il a également insisté sur le refus de toute présence militaire étrangère sur le territoire algérien, une position constante de la doctrine stratégique du pays.
Cet appel au dialogue illustre une volonté de maintenir un rôle de référence dans la gestion des crises sahéliennes, mais se heurte à une réalité régionale marquée par une diversification des alliances et une autonomie accrue des régimes militaires. Cette évolution interroge la capacité d’Alger à adapter son approche diplomatique dans un environnement africain en recomposition rapide.
MK/AK/te/APA







