Abidjan a accueilli, ce jeudi 9 avril 2026, la 8e Conférence annuelle du Réseau international des agences de promotion des investissements (RIAFPI), sous l’égide de son président, Ghislain Moandza Mboma, avec l’ambition affichée de muer l’espace francophone en un pôle d’influence économique mondial.
Réunis autour du thème « Renforcer les chaînes de valeur agroalimentaires pour garantir la souveraineté alimentaire : Défis et opportunités pour les API francophones », les dirigeants des Agences de promotion des investissements (API) entendent désormais peser dans les dynamiques internationales.
Une décennie après sa création en Côte d’Ivoire, le RIAFPI passe à la vitesse supérieure. Le réseau qui représente un marché de plus de 400 millions d’habitants, veut apporter une réponse collective face à la concurrence.
Pour Ghislain Moandza Mboma, le directeur général de l’Agence de promotion des investissements du Gabon, l’isolement n’est plus une option dans un marché mondial de plus en plus agressif. Car, « le contexte actuel nous impose de franchir un nouveau palier ».
L’ambition est claire : faire du RIAFPI un instrument d’influence capable de porter une voix collective dans les grands débats économiques. Cette nouvelle stratégie s’articule autour de quatre piliers, notamment le positionnement comme plateforme de référence francophone.
Ghislain Moandza prône, en outre, une coopération opérationnelle via le partage d’expériences et de ressources ; la sécurisation des investissements par la création de fonds de garantis mutualisés et le capital humain avec le projet d’une « Académie d’excellence » pour former les élites économiques de demain.
L’un des enjeux majeurs soulevés est la fiabilité des investisseurs. Le président du RIAFPI a insisté sur la mise en place d’un système d’échange d’informations au sein du réseau pour vérifier les références des opérateurs.
« L’existence de ce réseau permet de gagner du temps et de savoir avec qui nous pouvons travailler », évitant ainsi aux États de perdre des ressources avec des investisseurs peu crédibles, a soutenu Ghislain Moandza Mboma.
La conférence a bénéficié de l’expertise de Bruno Koné, ministre ivoirien de l’Agriculture. Face aux crises mondiales, il a appelé à une rupture avec la dépendance aux importations : « Il nous faut consommer ce que nous produisons et produire ce que nous consommons. »
« Nos pays restent encore trop tributaires des importations venant de pays en crise ou de pays où les routes passent par des pays en crise pour venir chez nous. Donc, cela nous impose une urgence au niveau sécuritaire », a-t-il souligné.
Pour lui, « la réponse la plus adaptée passe par le renforcement des chaînes de valeur agroalimentaires, leur intégration, leur compétitivité et leur durabilité. (Ainsi), nos Etats doivent construire par leur propres moyens la sécurité alimentaire de nos populations ».
Un constat partagé par Françoise Remarck, ministre de la Culture et de la Francophonie, qui a rappelé que la souveraineté alimentaire dépend de la capacité collective à transformer le potentiel agricole en opportunités concrètes.
Tidiane Boye, représentant de l’ONUDI pour la Côte d’Ivoire, le Togo, le Bénin et le Niger, a pointé du doigt un défi technique majeur : les pertes post-récoltes, qui atteignent parfois 60 % pour certaines matières premières.
Il a exhorté les Agences de promotions des investissements (API) à favoriser le transfert de technologies, la digitalisation et le respect des normes de qualité pour booster la transformation locale, véritable moteur de valeur ajoutée pour le continent.
Les participants ont réaffirmé que le rôle des agences de promotion doit évoluer vers celui de facilitateur et de catalyseur, afin de simplifier le parcours des investisseurs et d’accélérer la réalisation de projets structurants pour l’Afrique francophone.
La 8e Conférence annuelle du Réseau international des agences de promotion des investissements (RIAFPI) a été organisée par le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI), dont la directrice générale est Solange Amichia.
AP/Sf/APA







