La Cour pénale internationale a tenu le 17 septembre 2025 à La Haye une audience consacrée aux observations finales sur les réparations dans l’affaire Al Hassan.
Les juges de la CPI ont entendu toutes les parties dans l’affaire Al Hassan, dont les représentants légaux de 2 196 victimes, afin de préparer l’ordonnance qui fixera la nature et l’étendue des mesures de réparation.
Présidée par la juge Kimberly Prost, avec María del Socorro Flores Liera et Keebong Paek, la Chambre de première instance X a entendu la Défense, l’Accusation, le Bureau du conseil public pour les victimes, le Fonds au profit des victimes et le Greffe. Des organisations de la société civile, telles que REDRESS et Women’s Initiatives for Gender Justice, ont également soumis des observations, insistant sur les impacts de genre et les conséquences sociales des crimes, notamment sur la santé et l’éducation. Les débats ont porté sur la reconnaissance des victimes, l’ampleur des préjudices et les formes de réparation envisageables, qu’elles soient collectives, individuelles, symboliques, indemnitaires ou réhabilitatives.
Le 26 juin 2024, Al Hassan Ag Abdoul Aziz Ag Mohamed Ag Mahmoud avait été déclaré coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, notamment persécutions, torture et traitements inhumains, commis à Tombouctou entre avril 2012 et janvier 2013, alors sous le contrôle d’Ansar Dine et d’Al-Qaïda au Maghreb islamique. Il a été acquitté d’autres charges, dont viols, esclavage sexuel, mariages forcés et attaques contre des objets protégés, bien que la Cour ait reconnu que ces crimes ont été perpétrés. Le 20 novembre 2024, il a été condamné à dix ans d’emprisonnement, peine confirmée et devenue définitive. En juillet 2025, les juges ont réduit cette peine d’un an, en tenant compte de sa détention préventive commencée en mars 2018, et sa libération est désormais prévue pour le 28 mars 2027.
L’affaire Al Hassan est la deuxième affaire malienne portée devant la CPI, après celle d’Ahmad Al Faqi Al Mahdi, condamné en 2016 à neuf ans de prison pour la destruction de mausolées et d’une mosquée de Tombouctou. Contrairement au dossier Al Faqi, centré sur les biens culturels, le procès Al Hassan se concentre sur les crimes commis contre des personnes. L’audience du 17 septembre constitue une étape décisive avant la décision finale sur les réparations, qui précisera les mesures concrètes destinées aux victimes.
MD/Sf/APA







