Une coalition regroupant des gouvernements, des partenaires de développement international et des groupes du secteur privé, a annoncé hier le développement d’un plan d’action ambitieux visant à mobiliser massivement les capitaux privés dans les pays en développement.
Une initiative visant la mobilisation de capitaux pour les pays en développement, dévoilée lors de la Quatrième Conférence sur le financement du développement (FFD4) à Séville, réunit notamment le Fonds d’équipement des Nations Unies, la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, la Commission de l’Union africaine, l’OCDE, l’Alliance mondiale des investisseurs pour le développement durable, ainsi que les ministères des Affaires étrangères de Finlande et de Norvège.
Le plan d’action s’attaque à un paradoxe frappant : alors que les actifs mondiaux ont doublé pour atteindre 482 000 milliards de dollars au cours de la dernière décennie, seuls 5% de ces capitaux sont investis dans les pays en développement, Chine exclue. Une proportion encore plus infime parvient aux 44 pays les moins avancés, qui abritent pourtant 880 millions de personnes.
Le monde fait face à un déficit de financement annuel estimé à 4 000 milliards de dollars pour atteindre les Objectifs de développement durable, contre 2 500 milliards avant la pandémie. L’aide publique au développement a, elle-même, reculé de plus de 7% l’an dernier par rapport à 2023.
La finance mixte comme solution
« Le monde dispose des ressources nécessaires pour éradiquer la pauvreté. Ces ressources se trouvent en grande partie dans le secteur privé des pays les plus développés, mais elles y resteront tant que les risques réels et perçus qui constituent des obstacles à l’investissement dans les marchés mal desservis ne seront pas traités de front », a déclaré Pradeep Kurukulasuriya, secrétaire exécutif du Fonds d’équipement des Nations Unies.
La coalition mise sur les modèles de finance mixte – combinant ressources publiques et privées – pour réduire les risques et débloquer les investissements. Ces approches pourraient « transformer la vie de centaines de millions de personnes », selon M. Kurukulasuriya.
Le plan d’action, qui sera développé jusqu’en 2026, vise des résultats mesurables avec au moins 16 pays de l’OCDE qui devront approuver le plan avant le 31 mars 2026, tandis que 27 pays africains et 27 pays en développement non-africains devront également l’endosser à la même date.
Par la suite, 16 pays développés et 54 pays en développement s’engageront à mettre en œuvre le plan à partir du 30 juin 2026.
« Cette conférence sur le financement du développement permettra d’accroître la clarté et la formalité de la mobilisation des capitaux privés pour la prochaine décennie », s’est félicité Ville Tavio, ministre finlandais du Commerce extérieur et du Développement.
Un volet spécifique sera dédié aux pays les moins avancés et à l’Afrique, avec des approches de finance mixte adaptées aux contextes locaux et des opportunités d’investissement dans les secteurs clés.
ARD/te/Sf/APA






