À Washington, Alger défend un rôle accru dans la stabilité économique mondiale, malgré des fragilités structurelles persistantes.
Le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Lamine Lebbou, a réaffirmé la position d’Alger en faveur d’une gouvernance internationale «solide», lors de la 53e réunion du Comité monétaire et financier international (CMFI) tenue à Washington, selon un communiqué officiel. Intervenant au nom d’un groupe incluant notamment le Ghana, l’Iran, la Libye, le Maroc, le Pakistan et la Tunisie, il a insisté sur la nécessité de cadres multilatéraux capables de limiter les chocs économiques mondiaux, dans un contexte marqué par les tensions au Moyen-Orient.
Ce positionnement prolonge une ligne diplomatique classique, axée sur la coordination internationale et la stabilité macroéconomique. Mohamed Lamine Lebbou a ainsi souligné que «des cadres multilatéraux efficaces peuvent contribuer à réduire la fréquence et la gravité des chocs», en appelant à un renforcement des politiques monétaires centrées sur la stabilité des prix, ainsi qu’à une plus grande flexibilité des taux de change pour amortir les déséquilibres extérieurs. Le discours met également l’accent sur la surveillance des risques émergents, notamment liés à la numérisation financière et aux cryptoactifs.
Cette prise de position s’accompagne toutefois d’un décalage notable avec la situation économique interne. Les autorités algériennes plaident pour des cadres budgétaires crédibles et une communication publique renforcée, tout en appelant à protéger les ménages vulnérables face à la hausse des prix alimentaires. Or, aucune donnée chiffrée récente n’a été avancée dans la déclaration officielle pour illustrer l’évolution de ces indicateurs en Algérie, ni pour préciser l’ampleur des marges budgétaires mobilisables.
Dans ce prolongement, Alger met en avant son rôle dans le secteur énergétique, en particulier sa capacité à accroître ses exportations de gaz naturel vers l’Union européenne. Cette ambition s’inscrit dans un contexte de recomposition des flux énergétiques mondiaux. Le gouverneur de la Banque d’Algérie a évoqué les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les dommages subis par certaines infrastructures énergétiques dans les zones de conflit, tout en soulignant que les gains liés à la hausse des prix de l’énergie restent limités par les restrictions commerciales et financières.
Au-delà de cette projection internationale, la stratégie algérienne repose largement sur la rente énergétique comme levier d’influence. Cette dépendance structurelle interroge la capacité du pays à peser durablement dans la gouvernance économique mondiale, alors même que les institutions internationales appellent à une diversification des économies et à un renforcement des cadres internes de résilience.
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