Les ambitions climatiques de l’Afrique se heurtent à un déficit de financement croissant. De nouvelles données révèlent que l’Afrique subsaharienne ne reçoit qu’environ 25% des financements climatiques nécessaires chaque année.
Ce manque de financement, mis en lumière dans le Rapport de suivi du financement climatique en Afrique 2025, contraint les gouvernements et
les investisseurs à faire face au fossé grandissant entre les engagements climatiques et la capacité de réaliser des projets bancables et prêts à l’investissement.
C’est dans ce contexte que les décideurs politiques, les financiers et les promoteurs de projets se réuniront au Cap du 24 au 27 février pour le Sommet africain sur l’économie verte (AGES) 2026.
Cette réunion vise à faire passer le continent des engagements de haut niveau au travail concret de structuration et de financement de projets d’économie verte et bleue susceptibles d’être mis en œuvre.
L’Afrique continue de recevoir une part disproportionnée du financement climatique mondial, alors même que les chocs climatiques, les pénuries d’énergie et le stress hydrique s’intensifient. La diminution des financements concessionnels et la concurrence accrue pour les capitaux privés accélèrent la transition vers des approches axées sur l’investissement et le renforcement des portefeuilles de projets.
« Les discussions mondiales sur le climat se concentrent souvent sur les engagements et la coordination, mais la mise en œuvre dépend en fin de compte du lieu où les décisions d’investissement sont prises », a déclaré Emmanuelle Nicholls, directrice du groupe Économie verte chez VUKA Group.
Ajoutant : « Le Sommet africain sur l’économie verte offre un espace pour examiner quels projets, sur quels marchés, sont prêts à relever les défis financiers actuels et à passer à l’étape suivante. »
Contrairement aux forums mondiaux sur le climat, axés sur les déclarations, ce sommet analysera les raisons pour lesquelles les capitaux affluent sur certains marchés tandis qu’ils stagnent sur d’autres, et quelles conditions – telles que la sécurité réglementaire, la répartition des risques et la capacité d’investissement – sont nécessaires à la conclusion d’accords.
Teboho Makhabane, responsable ESG et Impact chez Sanlam Investments, a déclaré que la véritable contrainte n’est pas un manque d’idées, mais un manque de structures de financement adaptées aux projets à leur situation.
L’Union africaine accueillera à nouveau cet événement, qui permettra de conclure la phase I de son Plan d’action pour une relance verte et de définir les priorités de la phase II. Le sommet comprendra également un forum d’investissement présentant plus de 50 projets africains sélectionnés, couvrant les énergies renouvelables, la résilience face à l’eau, la mobilité électrique, la valorisation des
déchets et l’agriculture climato-intelligente.
Les organisateurs affirment que le sommet vise à accélérer la mise en œuvre d’une action climatique plus concrète et prête à l’investissement sur le continent.
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