Vingt-huit personnes soupçonnées de cybercriminalité ont été arrêtées au Ghana et au Nigéria lors d’une opération internationale soutenue par les États-Unis, qui a permis de geler 11 millions de dollars d’avoirs présumés criminels et de démanteler plusieurs réseaux d’escroquerie en ligne, a annoncé mercredi le département américain de la Justice (DOJ).
L’opération de lutte contre la cybercriminalité, ayant conduit à l’arrestation de 28 suspects au Ghana et au Nigéria, menée en coordination avec l’Agence nationale britannique de lutte contre la criminalité (NCA), les forces de l’ordre locales et plusieurs entreprises technologiques, visait des réseaux accusés d’avoir soutiré des millions de dollars à des internautes au moyen de fraudes à l’investissement, d’escroqueries sentimentales et d’usurpations d’identité.
La procureure fédérale américaine pour le district de Columbia, Jeanine Pirro, a souligné que ces réseaux étaient devenus plus sophistiqués et présentaient souvent des liens avec la traite des êtres humains.
« Ces opérations criminelles sont de plus en plus sophistiquées, organisées et liées à la traite des êtres humains », a-t-elle déclaré à la presse.
Au Ghana, 19 suspects ont été arrêtés dans une banlieue d’Accra, où les enquêteurs ont saisi 303 appareils électroniques. Selon le DOJ, le réseau présumé aurait fait 89 victimes, pour un préjudice estimé à 8,3 millions de dollars.
Les autorités ont également identifié 117 personnes présumées victimes de traite des êtres humains, qui attendent leur rapatriement au Nigeria. Neuf autres suspects ont été interpellés dans ce pays voisin.
L’opération a permis de perturber plusieurs dispositifs frauduleux, notamment des escroqueries aux investissements en cryptomonnaies, des fraudes reposant sur l’usurpation de l’identité de membres des forces de l’ordre et des systèmes d’extorsion dits d’« arrestation numérique ».
La mobilisation a également ciblé les plateformes numériques utilisées pour recruter les victimes. Meta a annoncé avoir supprimé plus de 3,7 millions de comptes, de pages et de groupes sur Facebook et Instagram associés à des activités frauduleuses. Adobe, Binance, Coinbase, Google, Microsoft et OpenAI ont également participé à l’opération.
Selon le Bureau fédéral d’enquête américain (FBI), les suspects utilisaient notamment de fausses offres d’emploi, l’usurpation de l’identité de militaires et des escroqueries sentimentales ciblant fréquemment les personnes âgées.
Le DOJ a relevé des similitudes entre les centres d’escroquerie découverts en Afrique de l’Ouest et ceux précédemment démantelés en Asie du Sud-Est. Ces structures fonctionnent comme des entreprises organisées, recrutant et formant des personnes aux techniques de manipulation psychologique avant de lancer des campagnes de fraude coordonnées sur plusieurs plateformes numériques.
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