La représentante spéciale de l’ONU pour la Libye, Hanna Tetteh, a fait état mercredi de progrès dans les consultations politiques, tout en alertant sur les divisions institutionnelles, la dégradation des conditions économiques et les risques sécuritaires qui continuent de compromettre la sortie de crise.
La Libye a enregistré des avancées encourageantes dans son processus politique, avec la signature d’un accord visant à sortir de l’impasse institutionnelle et à ouvrir la voie à des élections parlementaires et présidentielles, a déclaré mercredi 14 octobre la représentante spéciale du secrétaire général des Nations Unies pour la Libye, Hanna Tetteh, lors d’un briefing devant le Conseil de sécurité.
Selon la responsable onusienne, cet accord prévoit un calendrier pouvant aller jusqu’à deux ans pour organiser les scrutins sous l’autorité d’un exécutif unifié. Il porte notamment sur la recomposition du conseil d’administration de la Haute Commission électorale nationale et le règlement des différends relatifs au cadre constitutionnel et juridique des élections.
Toutefois, malgré son approbation par la Chambre des représentants, le texte se heurte au rejet du Haut Conseil d’État, révélant la persistance des divergences entre les institutions rivales.
Hanna Tetteh a annoncé de nouvelles consultations avec les membres du mini-dialogue 4+4 afin d’examiner la possibilité d’un mécanisme national alternatif, représentatif des différentes composantes politiques. Elle a appelé les acteurs libyens à éviter toute obstruction supplémentaire, soulignant que le pays ne pouvait se permettre de nouveaux retards dans la préparation des élections et l’unification des institutions.
Sur le plan sécuritaire, la représentante spéciale a salué les consultations entre responsables militaires de l’est et de l’ouest du pays, ainsi que les efforts visant à renforcer la coordination et le partage d’informations à Tripoli et à Benghazi. Elle a néanmoins relevé des tensions persistantes dans l’ouest libyen et des disparités importantes en matière de services publics et de développement dans le sud.
La situation économique demeure également préoccupante. Hanna Tetteh a fait état d’une inflation d’environ 14%, d’une érosion du pouvoir d’achat et du poids financier des subventions aux carburants, aggravé par la contrebande. Les fermetures de champs pétroliers et d’oléoducs entraînent par ailleurs des pertes financières et menacent l’approvisionnement énergétique. Des mouvements sociaux touchent également les secteurs de la santé et de l’éducation, sur fond de retards dans le versement des rémunérations et des indemnités.
Sur le volet des droits humains, la responsable onusienne a plaidé pour un moratoire sur les exécutions et le renforcement des garanties de procès équitable. Elle a également mis en garde contre les discours hostiles visant les migrants, les réfugiés et les personnels humanitaires. Malgré les avancées annoncées, la concrétisation du processus politique reste tributaire d’un compromis entre les institutions rivales, dont les divergences continuent de fragiliser les perspectives d’une stabilisation durable du pays.
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