Un pétrolier chargé d’environ 40 000 tonnes de diesel russe fait route vers le Maroc, selon des données maritimes rapportées mercredi, alors que les prix à la pompe repartent à la hausse et que la question de la répercussion des coûts d’approvisionnement sur les consommateurs demeure centrale.
Le Maroc figure parmi les destinations déclarées d’une cargaison de 40 000 tonnes de diesel russe, chargée mardi au port de Primorsk, sur la mer Baltique, selon des données du London Stock Exchange Group (LSEG) rapportées le 14 octobre. Cette livraison intervient après la décision de Moscou d’assouplir partiellement ses restrictions à l’exportation de diesel à compter du 10 octobre, dans le cadre d’un accord russo-américain visant à accroître l’approvisionnement des marchés internationaux en carburants.
Le président américain Donald Trump a annoncé la reprise de livraisons russes destinées à contribuer à la détente des prix énergétiques. Moscou estime pouvoir retrouver progressivement des volumes d’exportation habituels d’ici à la fin de l’année. Ces annonces interviennent dans un contexte de tensions sur les marchés pétroliers et de préoccupations concernant le coût des carburants, notamment aux États-Unis. La destination déclarée du navire ne permet toutefois pas, à ce stade, de confirmer son arrivée effective ni le dédouanement de sa cargaison au Maroc.
Cette livraison intervient alors que les prix des carburants dépassent 16,30 dirhams le litre dans certaines stations marocaines au début du mois d’octobre, avec des écarts selon les villes et les réseaux de distribution. Elle remet en lumière la dépendance du royaume aux importations de produits pétroliers raffinés, malgré la diversification de ses fournisseurs.
Selon les données du ministère de la Transition énergétique, le Maroc a importé en 2025 quelque 6,857 millions de tonnes de diesel et 892 000 tonnes d’essence. Les importations de diesel et de fioul ont représenté environ 51,5 milliards de dirhams, d’après les chiffres attribués à l’Office des Changes. Les statistiques douanières recensent toutefois les fournisseurs directs, tandis que le suivi maritime peut identifier des flux de produits raffinés qui ne correspondent pas nécessairement à la même catégorie commerciale.
Les achats de carburants russes ne constituent pas une nouveauté pour le Maroc. En 2023, le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, avait indiqué que le diesel russe représentait 9% des importations marocaines en 2020, 5% en 2021 et 9% en 2022. La question des prix pratiqués, des marges des distributeurs et des bénéfices effectivement transmis aux consommateurs avait alors suscité des interrogations parlementaires.
Au-delà de l’origine des cargaisons, l’enjeu reste celui de la transparence du marché. Une hausse des volumes importés ne garantit pas, à elle seule, une baisse des prix à la pompe. Dans un marché libéralisé, l’évolution des cours internationaux, les coûts logistiques et les marges commerciales déterminent la répercussion sur les consommateurs, dont le pouvoir d’achat demeure exposé aux fluctuations énergétiques.
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