Les travaux de l’atelier régional intitulé «Les femmes au cœur de la lutte antiterroriste » ont débuté le mercredi 7 octobre 2026 à Tanger (nord du Maroc).,
Une rencontre de trois jours au Maroc, sur le rôle des femmes dans la lutte contre le terrorisme, est co-organisée par la Direction générale de la Sûreté nationale du Maroc (DGSN) et l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol).
Prennent part à cet événement des experts et des spécialistes du service de lutte antiterroriste d’Interpol, des représentants de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme des Nations Unies.
Des femmes policières venues de plusieurs pays de la région, notamment du Maroc, de Tunisie, de Jordanie, du Liban et d’Irak participent également à cette rencontre. Y prennent part aussi des représentants de la Présidence du Ministère public, de l’Autorité nationale du renseignement financier (ANRF) et de l’Observatoire marocain sur l’extrémisme et la violence.
L’objectif principal de cet atelier est de renforcer le rôle des femmes au sein des forces de sécurité et d’optimiser les stratégies régionales face aux menaces terroristes. L’atelier vise à examiner les moyens de renforcer le rôle des femmes policières face aux défis émergents du terrorisme en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, ainsi qu’à accroître les capacités de toutes les parties prenantes à la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme religieux.
Dans une allocution à cette occasion, le Directeur central de la police judiciaire à la DGSN et vice-président d’Interpol pour l’Afrique, Mohamed Dkhissi, a souligné que la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent ne se limite plus à une approche purement sécuritaire, mais s’inscrit désormais dans un dispositif intégré de prévention et de lutte sur les plans intellectuel et sociétal, où les femmes occupent une place centrale.
Il a affirmé que « l’intégration de la perspective de genre dans les stratégies de lutte antiterroriste ne constitue pas une simple mesure symbolique, mais une nécessité pour garantir l’efficacité et la pérennité de ces stratégies ».
Dkhissi a expliqué que la femme, en tant que mère, épouse et sœur, constitue le premier rempart pour déceler les signes avant-coureurs de la radicalisation et les changements de comportement chez les jeunes, soulignant qu’elle joue également un rôle crucial dans la construction sociétale et intellectuelle et dans la lutte contre le discours extrémiste, notamment en tant qu’enseignante, encadrante ou Morchidate.
A cela s’ajoute son rôle dans l’élaboration des politiques de sécurité, conformément à l’agenda « Femmes, paix et sécurité » et ce, en application des résolutions onusiennes 1325 (2000) et 2242 (2015), qui appellent les États membres à garantir la participation des femmes à l’élaboration et à la mise en œuvre de stratégies de lutte contre le terrorisme et de prévention de l’extrémisme violent.
De son côté, Carmen Munoz Gonzalez, Directrice de la lutte contre le terrorisme au Secrétariat général d’Interpol, a souligné, dans une déclaration à la presse, que cet atelier vise à renforcer la place des femmes dans la lutte antiterroriste, insistant sur la nécessité de « garantir la diversité de genre au sein des équipes de travail, car elle génère un effet multiplicateur et produit de meilleurs résultats ».
Elle a, à cet égard, salué le rôle du Maroc, considéré comme l’un des « principaux contributeurs aux bases de données d’Interpol, notamment en matière de soutien à la lutte antiterroriste », tout en soulignant les efforts du Royaume pour accroître la participation des femmes à cette lutte, une démarche nécessitant la mobilisation de toutes les composantes de la société.
Pour sa part, Natalia Gherman, Sous-Secrétaire générale des Nations Unies et Directrice exécutive de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme (DECT) du Conseil de sécurité, a souligné que cet atelier est une occasion propice pour « informer les experts participants, venus de divers pays de la région, des résolutions et directives pertinentes du Conseil de sécurité, et pour échanger sur les pratiques et mécanismes permettant de prévenir et de contrer les menaces terroristes ».
Mme Gherman a également salué le rôle de premier plan et l’approche proactive du Maroc, tant sur le plan international que régional dans ce domaine, un rôle qui se traduit par des initiatives marquantes, telles que la « Plateforme de Marrakech », qui réunit décideurs et experts de terrain pour favoriser l’échange de données et des systèmes d’alerte précoce.
Quant au préfet de police Hajer Elleuch, directrice générale du pôle de sécurité chargé de la lutte contre le terrorisme et le crime organisé en Tunisie, elle a souligné que cet atelier constitue une occasion d’unir les efforts face aux défis majeurs posés par l’ampleur croissante du terrorisme féminin. Elle a mis en exergue l’importance d’adopter une approche participative, conjuguant les dimensions sécuritaire, académique, sociale, culturelle et religieuse, afin de décrypter et d’analyser ce phénomène dans les contextes spécifiques à la région.
AK/Sf)APA





