Le Conseil malien des chargeurs (CMC) exhorte les détenteurs de conteneurs vides à les restituer aux compagnies maritimes avant le 31 août, avertissant que leur immobilisation prolongée menace la fluidité de la chaîne logistique, renchérit les coûts du transport et accentue les tensions sur les principaux corridors d’approvisionnement du pays.
Dans un communiqué publié le 5 août, le CMC, placé sous la tutelle du ministère des Transports et des Infrastructures, fait état d’une « préoccupation majeure » liée au maintien de milliers de conteneurs vides sur le territoire malien.
Ces équipements, utilisés pour acheminer des marchandises depuis les ports de Dakar, Abidjan, Conakry, Lomé ou Tema, doivent normalement être restitués aux dépôts désignés par les armateurs après déchargement afin d’être réutilisés. Leur rétention prolongée réduit la disponibilité des conteneurs dans les ports de transit, ralentit les rotations et accroît les coûts supportés par les importateurs, transitaires et transporteurs.
Le Conseil met également en garde contre un éventuel durcissement des cautions et garanties exigées des opérateurs maliens. Certaines compagnies maritimes ont accordé des facilités jusqu’au 31 août pour encourager les restitutions, sans en préciser les modalités.
Cette nouvelle alerte fait suite à un premier avertissement lancé en février, lorsque le CMC avait recensé plus de 4 000 conteneurs vides immobilisés au Mali. Parmi eux, 2 800 appartenaient à Mediterranean Shipping Company (MSC) et 700 à Hapag-Lloyd, soit près de 88 % du total identifié.
À la même période, 304 conteneurs chargés étaient également en attente d’évacuation au Port autonome de Dakar, illustrant le déséquilibre entre les flux d’importation vers le Mali et le retour des équipements vers les ports.
Le CMC ne précise pas combien de conteneurs ont été restitués depuis février ni le volume encore immobilisé. Les plus de 4 000 unités demeurent ainsi la dernière estimation officielle disponible.
L’enjeu financier est considérable. Selon la grille tarifaire de Hapag-Lloyd sur le corridor Dakar-Bamako, les clients disposent d’une franchise de 23 jours calendaires avant l’application de frais de détention de 23 euros par jour pour un conteneur de 20 pieds et de 38 euros pour un conteneur de 40 pieds.
À titre indicatif, appliqués aux 700 conteneurs Hapag-Lloyd recensés en février, ces tarifs représenteraient une charge quotidienne comprise entre 10,6 et 17,4 millions de FCFA, soit jusqu’à plus de 500 millions de FCFA sur un mois selon la taille des équipements et leur durée d’immobilisation.
La situation pèse particulièrement sur le corridor Dakar-Bamako, qui assure environ 60 % du commerce extérieur malien, selon la Banque mondiale. Pour les transporteurs, le retour des conteneurs vides demeure une opération peu rentable lorsqu’aucune marchandise n’est disponible au voyage retour, alors que les coûts de carburant, de péage, d’entretien et de sécurité restent élevés.
Le CMC estime qu’une restitution effective des conteneurs avant le 31 août permettrait de rétablir progressivement les rotations, de limiter les frais de détention et d’éviter une répercussion des surcoûts logistiques sur les prix des produits importés au Mali.
MD/te/APA







