Le 6 août 2008, l’armée mauritanienne renverse le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, élu un an plus tôt lors de la première alternance démocratique du pays. Le général Mohamed Ould Abdel Aziz, artisan du putsch, accède ensuite à la présidence avant de connaître à son tour des démêlés judiciaires après son départ du pouvoir.
Le 6 août 2008, la Mauritanie bascule dans une nouvelle crise politique avec un coup d’État militaire qui renverse le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi.
L’opération est menée par le général Mohamed Ould Abdel Aziz, alors chef du Bataillon de sécurité présidentielle (BASEP), après une confrontation entre le chef de l’État et la hiérarchie militaire. Le président Abdallahi et son Premier ministre Yahya Ould Ahmed El Waghef sont arrêtés, tandis que l’armée prend le contrôle des principaux centres de pouvoir à Nouakchott.
Les militaires annoncent la création d’un Haut Conseil d’État, dirigé par Mohamed Ould Abdel Aziz, qui justifie son intervention par la nécessité de mettre fin à une crise institutionnelle. Le putsch intervient seulement quinze mois après l’élection de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, premier président civil élu après une longue période de domination militaire.
La prise de pouvoir provoque une condamnation internationale. L’Union africaine suspend la Mauritanie de ses instances et exige le retour à l’ordre constitutionnel. Plusieurs partenaires étrangers réclament également la restauration du pouvoir issu des urnes.
Après une transition politique contestée, Mohamed Ould Abdel Aziz remporte l’élection présidentielle de juillet 2009 et dirige la Mauritanie pendant deux mandats, jusqu’à son départ en 2019, conformément à la limite constitutionnelle des mandats présidentiels.
Après son départ du pouvoir, l’ancien chef de l’État est rattrapé par des accusations de corruption. En 2020, la justice mauritanienne ouvre une enquête sur sa gestion des biens publics pendant ses années au pouvoir. En juin 2021, il est placé sous contrôle judiciaire, avant d’être renvoyé devant la justice dans une affaire dite de « corruption de l’ancien régime », portant notamment sur des soupçons d’enrichissement illicite, de blanchiment d’argent et de détournement de biens publics.
Après un procès ouvert en janvier 2023, Mohamed Ould Abdel Aziz est condamné en décembre 2023 à cinq ans de prison ferme pour enrichissement illicite. Il rejette les accusations, dénonçant un procès à caractère politique. La décision est toutefois confirmée en appel en 2024, avec une peine ramenée à une durée assortie de mesures de confiscation de biens.
Le parcours de Mohamed Ould Abdel Aziz illustre ainsi un cycle politique marqué par les coups d’État, l’accession au pouvoir par l’armée, puis la judiciarisation des anciens dirigeants en Mauritanie.
Sf/APA







