L’Egypte et 16 autres pays et organisations arabes et islamiques ont condamné, dimanche 22 février, les déclarations de l’ambassadeur des Etats-Unis en Israël Mike Huckabee évoquant l’acceptation d’une souveraineté israélienne sur des territoires arabes, selon un communiqué du ministère égyptien des Affaires étrangères.
Le communiqué de condamnation des propos de l’Ambassadeur américain est endossé par seize pays dont, notamment l’Arabie saoudite, la Jordanie, les Emirats arabes unis, le Qatar et la Turquie, ainsi que la Ligue des Etats arabes et l’Organisation de la coopération islamique.
Dans ce communiqué, les signataires qualifient les propos de l’ambassadeur de « violation flagrante du droit international ». Ils rejettent catégoriquement des déclarations jugées « provocatrices » et « dangereuses »,soulignant que ces propos menacent la sécurité régionale et contredisent le plan lance par le président américain Donald Trump.
« Cette vision repose sur la promotion de la tolérance et de la coexistence. Toute tentative de légitimer le contrôle des terres d’autrui sape ces objectifs et constitue une incitation au conflit plutôt qu’une contribution à la paix », notent-ils.
Les signataires ont également réaffirmé qu’aucune souveraineté israélienne ne peut être reconnue sur les territoires palestiniens ou sur tout autre territoire arabe occupé, rejetant fermement toute annexion de la Cisjordanie ou toute séparation entre celle-ci et la bande de Gaza.
Ces condamnations font suite à une interview accordée vendredi par l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, au journaliste américain Tucker Carlson.
Au cours de cet entretien, Carlson a cité un passage de l’Ancien Testament évoquant une promesse divine faite à Abraham d’une terre s’étendant « du fleuve d’Egypte, le Nil, jusqu’au grand fleuve, l’Euphrate ». Il a souligné qu’une telle interprétation couvrirait une large partie du Moyen-Orient, incluant le Liban, la Syrie, la Jordanie ainsi que des régions d’Arabie saoudite et d’Irak.
Réagissant à cette description géographique, l’ambassadeur a dit qu’Israël disposerait d’un « droit biblique » sur ces terres, évoquant un territoire « donné par Dieu à un peuple élu ».
Interrogé sur l’éventualité d’une telle expansion, il a déclaré : « Ce serait bien s’ils prenaient tout », tout en ajoutant qu’Israël ne cherchait pas à étendre son territoire et qu’il a droit à la sécurité dans les zones qu’il détient.
L’Autorité palestinienne, basée en Cisjordanie occupée, a estimé sur la plateforme X que ces propos « contredisent le rejet par le président américain Donald Trump du projet d’annexion de la Cisjordanie » par Israël. De son côté, la Ligue arabe a déploré sur X « des déclarations extrémistes », estimant qu’elles attisent les sentiments religieux et nationalistes à un moment où le Conseil de paix proposé par Donald Trump constitue, selon elle, « une occasion de lancer un processus de paix sérieux ».
Ces propos interviennent dans un climat de tensions persistantes en Cisjordanie occupée. Le 15 février, pour la première fois depuis 1967, le gouvernement israélien a approuvé l’enregistrement de vastes secteurs du territoire comme « propriété de l’Etat », une décision perçue comme facilitant l’expansion des colonies et le renforcement du contrôle administratif.
AK/Sf/APA







