L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et le groupe marocain OCP ont annoncé vendredi le lancement d’un partenariat stratégique de cinq ans visant à renforcer l’innovation scientifique en faveur d’une agriculture durable et de systèmes alimentaires résilients.
La collaboration entre le groupe OCP et l’AIEA s’inscrit dans le cadre de l’initiative Atoms4Food menée conjointement par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’AIEA, indiquent l’Agence et le groupe OCP dans un communiqué conjoint.
Ce projet ambitionne d’améliorer l’efficacité des engrais, la qualité nutritionnelle des cultures et la durabilité des systèmes alimentaires, notamment dans les régions confrontées à des défis majeurs de sécurité alimentaire.
Il portera notamment sur l’optimisation de la gestion des macronutriments et micronutriments essentiels, tout en produisant des données scientifiques destinées à appuyer les politiques publiques, soutenir les agriculteurs et renforcer la coopération scientifique internationale, en particulier en Afrique.
Rafael Mariano Grossi, directeur général de l’AIEA, cité par le communiqué, a salué «un progrès notable dans la manière dont la coopération stratégique peut démultiplier la portée de nos travaux», ajoutant que «l’engagement du groupe OCP et son savoir-faire de terrain, joints à l’expertise singulière de l’AIEA en techniques nucléaires, feront passer la science de pointe au rang de solutions concrètes pour les agriculteurs».
Il a ajouté que cette synergie «produira les preuves et les outils nécessaires pour employer les engrais avec davantage de parcimonie, cultiver des plantes plus nourrissantes et édifier des systèmes alimentaires aptes aux aléas du climat, surtout là où les besoins sont les plus pressants».
Le chantier scientifique ciblera la maîtrise des macronutriments essentiels, dont l’azote et le phosphore, sans négliger les oligo-éléments tels le zinc, le fer ou le sélénium. Grâce aux traceurs isotopiques, les équipes établiront des séries de données d’une rigueur élevée pour étayer la règle des «4R» de la fertilisation — source adéquate, dose exacte, moment opportun, lieu approprié — afin d’offrir aux cultivateurs des recommandations opératoires fondées sur l’épreuve.
De son côté, Meriem El Asraoui, directrice des affaires mondiales du groupe OCP, a qualifié l’accord de «jalon stratégique» pour le mastodonte marocain, notant que «l’agrégation de l’expertise de rang mondial de l’AIEA et de l’expérience approfondie du groupe OCP en nutrition des plantes et des sols engendrera un savoir transformateur, appuiera chercheurs et paysans et portera des pratiques agricoles génératrices de rendements accrus, d’une meilleure qualité nutritive et d’une intendance durable de l’environnement».
Les États membres de l’AIEA bénéficieront d’ensembles de données aptes à éclairer l’action publique, à guider l’élaboration de nouveaux engrais et à faciliter l’essor d’une agriculture respectueuse du climat et de la nature.
L’accord doit encore resserrer les liens de recherche entre l’Afrique, l’AIEA et les réseaux scientifiques mondiaux, pour diffuser à grande échelle les règles de bonne gestion des nutriments qui améliorent la santé des sols et la productivité des cultures.
L’AIEA constitue le principal forum intergouvernemental mondial de coopération scientifique et technique pour l’utilisation pacifique de la technologie nucléaire. Créée en 1957 en tant qu’organisation autonome sous l’égide des Nations Unies (ONU), l’AIEA met en œuvre des programmes visant à maximiser la contribution utile des technologies nucléaires à la société, tout en vérifiant leur usage pacifique.
Le dispositif Atoms4Food, conduit avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) depuis 2023, entend fournir aux pays des solutions de pointe adaptées à leurs besoins propres pour l’agriculture, l’élevage, la gestion des ressources naturelles, la sécurité sanitaire des aliments et l’adaptation aux mutations climatiques.
AK/Sf/APA





