Le régulateur du marché financier tunisien renforce en 2026 son dispositif de prévention des flux illicites dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Le gouvernement tunisien engage, à partir de 2026, une nouvelle phase de renforcement de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, portée par une stratégie consolidée du Conseil du marché financier (CMF). Cette orientation a été détaillée par Mehdi Ben Mustapha, directeur du bureau de la communication et de la formation au sein de l’instance, lors d’une intervention radiophonique diffusée lundi 5 janvier 2026 sur la Radio Nationale.
Selon le responsable, la stratégie du CMF pour 2026 repose sur cinq axes structurants destinés à réduire durablement les vulnérabilités du marché financier tunisien. Il s’agit, en premier lieu, du renforcement du contrôle fondé sur les risques, avec une supervision adaptée au profil de chaque acteur. Le second pilier concerne le développement des compétences humaines, aussi bien au sein du régulateur que chez les intervenants du secteur financier, afin d’améliorer la capacité collective de détection des schémas illicites.
Le dispositif prévoit également une amélioration substantielle des procédures de déclaration de soupçon, jugées essentielles pour garantir la rapidité et la fiabilité des remontées d’informations. À cela s’ajoute l’optimisation des opérations de vérification et de filtrage (screening) par rapport aux listes nationales et internationales, notamment celles émanant des Nations unies, afin de prévenir toute exposition aux personnes ou entités sanctionnées. Enfin, la supervision sera davantage orientée selon le niveau de risque réel, dans une logique de ciblage et d’efficacité.
Sur le plan des résultats, Mehdi Ben Mustapha a indiqué que les évaluations menées récemment par le CMF font apparaître une amélioration notable de la résilience du système financier. Les audits réalisés montrent une baisse progressive du taux de risque et une diminution du niveau de vulnérabilité globale du marché, traduisant, selon lui, l’impact positif des réformes engagées ces dernières années.
Le responsable a toutefois insisté sur un levier jugé déterminant : le capital humain. Si les outils technologiques et les dispositifs de surveillance automatisés occupent une place croissante, la stratégie 2026 mise avant tout sur la formation continue des acteurs financiers. L’objectif est de renforcer leur capacité d’analyse et leur réactivité face à des circuits de blanchiment de plus en plus sophistiqués.
Dans cette perspective, le CMF entend accélérer les délais de traitement des signalements et rendre le filtrage des listes de sanctions nationales et internationales « infaillible ». Ces ajustements opérationnels visent à consolider la crédibilité du marché financier tunisien et à aligner le cadre national sur les standards internationaux de lutte contre l’argent sale, dans un contexte régional et mondial marqué par une vigilance accrue.
MK/AK/Sf/APA







