Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a saisi en urgence la Haute Cour du Cap-Occidental afin d’empêcher la poursuite de l’enquête parlementaire en vue de sa destitution, estimant qu’il subirait un « préjudice grave » si la commission commençait ses travaux avant qu’un tribunal ne statue sur la légalité du rapport d’une commission indépendante ayant examiné la gestion d’un vol survenu en 2020 dans sa ferme.
Une requête du président Ramaphosa, relativement au vol présumé de 2020, qui doit être examinée la semaine prochaine, vise à interdire à la commission parlementaire chargée de la procédure de destitution d’entamer ses travaux tant que la demande de révision judiciaire introduite par le chef de l’État contre le rapport de la commission indépendante n’aura pas été tranchée.
Cette démarche constitue un nouvel épisode dans le long feuilleton politique lié à la tentative de destitution du président sud-africain dans le cadre de l’affaire dite de Phala Phala, du nom de sa propriété agricole où aurait été dérobée, en février 2020, une somme de 580 000 dollars en espèces.
Le président est accusé d’avoir enfreint la législation sud-africaine en ne déclarant pas les devises étrangères conservées dans sa ferme et en n’ayant pas signalé le vol aux autorités compétentes.
Une commission indépendante avait été mise en place pour examiner l’affaire. Dans ses conclusions, elle avait estimé qu’il existait des éléments de preuve prima facie laissant penser que M. Ramaphosa pourrait avoir violé la Constitution ainsi que les lois relatives à la lutte contre la corruption.
Malgré ces conclusions, l’Assemblée nationale avait rejeté en décembre 2022 une première initiative visant à engager une procédure de destitution contre le président, grâce à la majorité dont disposait alors l’African National Congress au Parlement.
En mai 2026, la Cour constitutionnelle d’Afrique du Sud a toutefois jugé que le Parlement avait agi illégalement en écartant le rapport de la commission indépendante. Cette décision a relancé le processus de destitution et ordonné la création d’une commission parlementaire de 31 membres chargée d’examiner l’affaire.
Le président Ramaphosa tente désormais d’empêcher l’ouverture effective de cette procédure.
Malgré le recours judiciaire en cours, les membres de la commission poursuivent déjà leurs préparatifs, notamment en identifiant les responsables de la présentation des preuves et en élaborant les termes de référence de l’enquête.
Le Parlement, la commission de destitution ainsi que l’African Transformation Movement (ATM) ont tous déposé des mémoires contestant la demande d’injonction du chef de l’État.
Les avocats du président soutiennent que les préparatifs administratifs peuvent se poursuivre, mais que l’enquête proprement dite devrait être suspendue jusqu’à ce que les tribunaux se prononcent sur la validité du rapport de la commission indépendante.
L’examen de cette demande de révision judiciaire est prévu pour le début du mois de septembre.
JN/lb/Sf/APA







