Bamako et New Delhi souhaitent étendre leur coopération au machinisme, aux équipements agricoles, aux aménagements et à la formation. Les discussions interviennent après une progression de 55 % du commerce bilatéral en 2025-2026.
Le ministre malien de l’Agriculture, Ibrahima Samaké, a reçu lundi 17 août 2026 à Bamako l’ambassadeur de l’Inde au Mali, N. Nandakumar. Les deux responsables ont examiné les possibilités de partenariats dans plusieurs branches directement liées à la production agricole.
Le communiqué publié après l’audience cite le machinisme, la fourniture d’équipements, les aménagements agricoles et le renforcement des compétences. Il ne mentionne toutefois aucun montant, entreprise retenue, projet identifié ou calendrier. La rencontre constitue donc une étape exploratoire, appelée à être suivie de négociations techniques et financières.
Elle survient dans une période de nette progression des relations économiques. Le commerce entre les deux pays a atteint 326,61 millions de dollars durant l’exercice indien 2025-2026, en hausse de 55 % sur un an, selon le ministère indien du Commerce.
Le Mali vend principalement à l’Inde du coton brut, du cuir, de la noix de cajou, du sésame, de la gomme arabique et du plomb. Il importe notamment des médicaments, des tissus de coton, des deux et trois-roues ainsi que des bicyclettes.
L’agriculture occupe ainsi une place centrale dans les exportations maliennes vers le marché indien. Pour Bamako, l’intérêt d’une coopération élargie réside aussi dans l’accès aux équipements, à la transformation et aux compétences techniques nécessaires pour produire davantage et conserver une plus grande part de la valeur ajoutée sur place.
Antécédents
L’Inde a accordé au Mali sept lignes de crédit totalisant environ 303,6 millions de dollars. Six ont été exécutées, selon l’ambassade indienne à Bamako. Les projets concernés couvrent l’énergie, les transports, l’agriculture et l’agroalimentaire.
Une ligne de crédit de 12 millions de dollars avait notamment permis, en 2006, la remise de 300 tracteurs et de matériels agricoles assemblés à Bamako. Un autre financement signé en 2009 concernait l’agriculture et la transformation alimentaire. Ces précédents donnent un socle aux nouvelles discussions, mais leur état de fonctionnement actuel et leurs résultats économiques demandent une évaluation distincte.
La formation représente l’autre volet disponible. L’Inde réserve actuellement 70 places par an aux ressortissants maliens dans son programme de coopération technique et économique. Environ 306 agents publics et professionnels du secteur privé malien en ont bénéficié durant les huit dernières années.
Le rapprochement commercial s’est accéléré avec le premier Forum Inde-Mali pour la promotion des exportations, organisé à Bamako en juin 2026 en présence d’une trentaine de dirigeants d’entreprises indiennes. Les échanges avaient porté sur le coton, l’agro-industrie, l’énergie, les mines, les médicaments et les infrastructures sociales. Le Mali a annoncé, à cette occasion, un nouveau forum consacré aux investissements les 3 et 4 décembre 2026.
La portée de l’audience du 17 août dépendra désormais des projets qui en sortiront. Les prochaines étapes devront préciser les équipements recherchés, les conditions de financement, la place des entreprises maliennes, la maintenance du matériel et le calendrier de réalisation. En l’état, Bamako et New Delhi ont défini des domaines de coopération, sans encore annoncer de nouvel engagement contractuel.
MD/Sf/APA







