Rabat adopte un dispositif privilégiant la prise en charge et la protection des chiens et chats errants, sur fond de controverses autour des méthodes utilisées pour contrôler leur population.
La Chambre des représentants marocaine a adopté à la majorité le projet de loi n°19.25 relatif à la protection des animaux errants et à la prévention des risques qu’ils peuvent représenter, dotant le pays d’un cadre juridique national sur une question jusqu’ici largement gérée à l’échelle locale et régulièrement source de controverses.
Le texte, présenté devant les députés par le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, au nom du ministre de l’Agriculture Ahmed Bouari, a recueilli 74 voix favorables et 21 abstentions, sans aucun vote contre. Il doit entrer en vigueur deux ans après sa publication au Bulletin officiel, laissant aux autorités un délai pour mettre en place les dispositifs nécessaires à son application.
Selon le gouvernement, la réforme vise à concilier protection et bien-être des animaux avec les impératifs de santé et de sécurité publiques. Elle prévoit notamment la création et l’encadrement de centres d’accueil et de prise en charge des animaux errants, ainsi que la mise en place d’un système de déclaration et d’une base nationale de données. Les autorités habilitées à constater les infractions sont également définies par le texte.
Le gouvernement entend ainsi substituer un cadre national aux interventions jusqu’ici conduites de manière parfois ponctuelle par les collectivités territoriales. Mustapha Baitas a indiqué que la loi devait permettre d’instaurer des mécanismes juridiques et institutionnels destinés à protéger les animaux tout en prévenant les maladies transmissibles et les autres risques associés à leur présence dans l’espace public.
L’adoption intervient dans un contexte sensible pour le Maroc, régulièrement interpellé ces derniers mois sur le sort des chiens errants. Des médias étrangers et des organisations de défense animale ont notamment relayé des accusations faisant état d’abattages à grande échelle, parfois associés aux préparatifs de la Coupe du monde de football 2030, que le royaume organisera avec l’Espagne et le Portugal. Ces allégations ont alimenté une controverse internationale et accru la pression en faveur d’une clarification des méthodes de contrôle des populations animales.
Le nouveau dispositif entend privilégier une gestion structurée des animaux errants et inscrire leur traitement dans le principe du bien-être animal. Son efficacité dépendra toutefois de son application sur le terrain, notamment des moyens accordés aux collectivités, du déploiement des centres de prise en charge et des capacités de stérilisation. Avec une entrée en vigueur différée de deux ans, la réforme ouvre désormais une phase de transition durant laquelle les autorités devront traduire les nouvelles obligations légales en dispositifs opérationnels.
MK/Sf/APA







