Dans le nord verdoyant du Malawi, la ville de Rumphi connaît une véritable transformation grâce à un projet ambitieux d’approvisionnement en eau et d’assainissement financé par la Banque africaine de développement (BAD) et le gouvernement malawite. Objectif : améliorer durablement l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement pour plus de 158 000 habitants, dont 51 % de femmes.
Depuis plusieurs années, Rumphi fait face à une pénurie chronique d’eau. Le réseau, conçu pour une population bien inférieure, ne couvre qu’un quart des besoins actuels. Le collège technique local, en pleine expansion, incarne cette crise : manque d’eau potable, recours à des sources non protégées, et même des cas de choléra récents parmi les étudiants.
« Ce n’est ni sûr ni durable », alerte Akuzike Nkhoma, directeur du collège, tandis que les étudiants évoquent de longues marches matinales vers des points d’eau insalubres.
La pression est forte sur le réservoir principal de 200 000 litres, saturé depuis des années. « Nous devons rationner l’eau entre l’hôpital, les écoles et les foyers », admet Francis Munthali, directeur général du Northern Region Water Board (NRWB), qui reconnaît que l’infrastructure actuelle est dépassée.
Le Projet de services d’approvisionnement en eau et d’assainissement de Rumphi couvre la ville dans son ensemble, ainsi que certaines zones du nord de Mzimba, notamment Bolero, Phwezi, Bwengu et Enukweni. Il intègre la réhabilitation des installations, la création d’un réseau d’égouts, l’adaptation au climat et la restauration des écosystèmes à travers la plantation de 700 000 arbres. À ce jour, 264 000 plants ont déjà été mis en terre, générant des emplois temporaires pour les communautés.
« C’est une approche intégrée. Nous ne nous contentons pas d’installer des tuyaux : nous pensons aussi à la résilience et à la durabilité », souligne Catherine Mwafulirwa, directrice du développement des infrastructures au NRWB.
Le projet, d’un coût total de 35,87 millions de dollars, dont 32,2 millions financés par la Banque africaine de développement, est mis en œuvre sur quatre ans (2023-2027). Il vise à résoudre une situation critique qui freine le développement local et accentue les inégalités, notamment pour les femmes, souvent chargées de la corvée d’eau.
« Ce projet va bien au-delà de l’accès à l’eau. Il offre espoir, dignité et perspectives d’avenir », résume Emmanuel Bulukutu, commissaire du district de Rumphi. Une fois finalisé, il complètera le maillage d’eau potable sur l’axe stratégique Mzuzu–Rumphi, libérant le potentiel de cette région en plein essor.
TE/Sf/APA





