L’archevêque de Dakar, Monseigneur André Guèye, a appelé vendredi les entrepreneurs catholiques à promouvoir une économie fondée sur la solidarité, la création d’emplois et le financement des œuvres sociales, estimant que la réussite économique n’a de sens que lorsqu’elle bénéficie à toute la société.
S’exprimant lors de la pose de la première pierre de la résidence Impérial, un programme immobilier porté par l’Association des dirigeants, entrepreneurs et cadres catholiques du Sénégal (ADECCS), l’Archevêque de Dakar a développé une vision de l’économie fondée sur la doctrine sociale de l’Église, dans laquelle l’entreprise est avant tout au service de la personne humaine.
« Il ne s’agit pas de réussir économiquement pour réussir, mais de réussir pour faire avancer les autres », a-t-il déclaré, estimant que la prospérité n’a de sens que lorsqu’elle contribue à réduire les inégalités, à renforcer la solidarité et à promouvoir la dignité humaine.
Pour Monseigneur André Guèye, cette ambition passe d’abord par la création d’emplois, notamment en faveur des jeunes, mais aussi par la formation des futurs entrepreneurs afin qu’ils concilient performance économique et responsabilité sociale.
L’archevêque a également insisté sur la nécessité de développer une culture de la coopération. Déplorant les rivalités qui freinent les initiatives collectives, il a invité les entrepreneurs à unir leurs compétences pour accroître leur impact économique et social.
« Nous sommes plus forts quand nous travaillons ensemble », a-t-il affirmé, voyant dans l’ADECCS un cadre privilégié pour promouvoir l’entraide, le partage d’expériences et la croissance spirituelle des dirigeants chrétiens.
Le projet Impérial s’inscrit, selon lui, dans la stratégie d’autonomie financière engagée par l’archidiocèse de Dakar. L’objectif est de permettre à l’Église de disposer de ressources durables pour financer ses écoles, ses œuvres caritatives, notamment Caritas, ainsi que l’ensemble de ses missions pastorales.
« S’il n’y a pas de familles autonomes, s’il n’y a pas de chrétiens autonomes, il n’y a pas d’Église autonome », a soutenu le prélat, appelant les fidèles à investir dans des projets créateurs de richesse au service de l’intérêt général.
Monseigneur André Guèye a par ailleurs exhorté les promoteurs à privilégier le recrutement de la main-d’œuvre locale durant les travaux, estimant que cette démarche constitue une première expression de la responsabilité sociétale des entreprises.
Partenaire du projet, le directeur général de Sablux Immobilier, Jean Marc Sène, a expliqué que la résidence Impérial permettra de donner une nouvelle vocation économique à un site historiquement occupé par Caritas, sans rompre avec sa mission sociale.
Selon lui, le programme contribuera à la création de centaines d’emplois directs et indirects tout au long du chantier, tout en générant des revenus destinés à soutenir les actions sociales de l’Église. Il a également estimé que ce modèle de partenariat entre une institution religieuse et un promoteur immobilier pourrait inspirer d’autres initiatives similaires en Afrique pour valoriser le patrimoine ecclésial au service du développement.
TE/Sf/APA







