Les ministres des Affaires étrangères des États et gouvernements membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) auditionnent ce mardi à Paris les quatre candidats au poste de secrétaire général, dans le cadre d’une procédure instaurée par la réforme institutionnelle de 2022.
Les quatre candidats au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) présentent ce mardi 30 juin leur vision devant les ministres des Affaires étrangères des 53 États et gouvernements membres de plein droit, réunis en session extraordinaire à Paris. Cette audition, organisée pour la première fois en 56 ans d’existence de l’organisation, constitue une étape clé avant l’élection prévue lors du Sommet de la Francophonie, le 16 novembre prochain à Phnom Penh, au Cambodge.
Cette procédure résulte de la réforme du Règlement unique des instances adoptée en mars 2022. Désormais, les candidats doivent répondre à un appel à candidatures, déposer un programme six mois avant le sommet électif et présenter leur vision stratégique devant les ministres avant le vote des chefs d’État et de gouvernement.
Quatre personnalités sont en lice : la secrétaire générale sortante, la Rwandaise Louise Mushikiwabo, candidate à un troisième mandat ; l’ancienne ministre congolaise Juliana Lumumba ; l’ancienne ministre et diplomate mauritanienne Coumba Ba ; et l’ancien Premier ministre roumain Dacian Cioloș.
Présidées par le vice-Premier ministre et ministre cambodgien des Affaires étrangères, Prak Sokhonn, également président en exercice de la Conférence ministérielle de la Francophonie, les auditions se déroulent par ordre alphabétique. Chaque candidat dispose de 45 minutes, dont 20 minutes de présentation et 20 minutes d’échanges avec les délégations.
Louise Mushikiwabo défend un bilan axé sur les réformes institutionnelles engagées depuis son entrée en fonctions en 2019. Elle met notamment en avant la modernisation de l’organisation, le développement du numérique, l’entrepreneuriat, la formation des jeunes et le renforcement de la place du français dans les économies émergentes.
Juliana Lumumba plaide pour une profonde refondation de la Francophonie. Elle appelle à une organisation davantage tournée vers les peuples, les sociétés civiles et les jeunesses francophones, tout en défendant un rééquilibrage de sa gouvernance au profit de l’Afrique, qui concentre la majorité des locuteurs francophones.
La Mauritanienne Coumba Ba met en avant son expérience diplomatique et sa connaissance des mécanismes africains et francophones. Sa campagne est fondée sur la recherche du consensus et sur le rôle de dialogue que peut jouer la Mauritanie au sein de l’espace francophone.
Seul candidat non africain, Dacian Cioloș valorise son expérience d’ancien Premier ministre roumain et d’ancien commissaire européen. Il défend une Francophonie davantage tournée vers l’innovation, l’économie et les partenariats internationaux.
La campagne se déroule sur fond de tensions diplomatiques entre certains États membres, notamment le Rwanda et la République démocratique du Congo. Plusieurs capitales appellent ainsi à une issue susceptible de préserver l’unité d’une organisation qui compte aujourd’hui 90 États et gouvernements répartis sur les cinq continents et près de 396 millions de locuteurs.
Le ou la future secrétaire générale, qui exercera un mandat de quatre ans couvrant la période 2027-2030, sera élu(e) par les chefs d’État et de gouvernement des 53 membres de plein droit lors du huis clos électif du Sommet de Phnom Penh.
AC/APA







