Le président du Conseil présidentiel libyen, Mohammed Menfi, et le Premier ministre Abdul Hamid Dbeibah ont appelé à la construction d’une armée nationale unifiée, placée à l’écart des rivalités politiques et régionales, alors que la fragmentation de l’appareil sécuritaire demeure l’un des principaux obstacles à la stabilisation du pays.
Le président du Conseil présidentiel libyen, Mohammed Menfi, a appelé lundi à tenir l’institution militaire à l’écart des luttes politiques, lors d’une cérémonie de remise de diplômes à de nouvelles promotions des écoles militaires organisée à l’occasion de l’anniversaire de la fondation de l’armée libyenne.
S’adressant aux militaires, Mohammed Menfi a estimé que les armes confiées par l’État constituaient une « responsabilité envers les citoyens » et non un privilège. Selon lui, la force du soldat doit reposer sur la discipline et son éloignement des conflits politiques et régionaux. L’institution militaire à laquelle aspire la Libye doit constituer un cadre national réunissant l’ensemble des Libyens et ne pas devenir « un outil dans la lutte pour le pouvoir » ou au service d’un camp contre un autre, a-t-il ajouté.
Le Premier ministre du Gouvernement d’union nationale, Abdul Hamid Dbeibah, a de son côté qualifié l’unification des forces armées de « nécessité impérieuse ». Celle-ci doit, selon lui, concerner aussi bien le commandement et les mécanismes de décision que la doctrine militaire et la formation. Il a plaidé pour une organisation reposant sur les critères de compétence et de discipline, sans exclusion.
Dbeibah a également rejeté toute intervention de l’armée dans la vie politique, notamment dans la formation des gouvernements ou le choix des représentants. La mission des forces armées doit rester centrée sur la sécurité nationale et la protection du droit des Libyens à déterminer leur avenir politique, a-t-il affirmé, liant cette orientation à l’organisation d’élections et à la sortie de la longue période de transition.
Le chef d’état-major par intérim, Salah Al-Namroush, a pour sa part annoncé que la prochaine phase de développement de l’institution militaire serait axée sur la modernisation de la formation. Des officiers devraient notamment être envoyés dans des académies militaires étrangères, tandis que les écoles libyennes doivent être renforcées afin d’améliorer les compétences dans les domaines militaires et stratégiques.
Ces appels interviennent alors que la Libye reste marquée par la coexistence de structures militaires et sécuritaires rivales. Plus d’une décennie après la chute du régime de Mouammar Kadhafi, l’unification effective de la chaîne de commandement demeure ainsi l’un des dossiers centraux du processus politique et sécuritaire libyen.
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