L’Egypte veut transformer son appartenance aux BRICS en un instrument concret de coopération économique entre les pays du Sud.
Le président Abdel Fattah al-Sissi a appelé samedi les membres du groupe des BRICS à renforcer les projets communs dans les domaines du commerce, de l’énergie, de la sécurité alimentaire, de la technologie et des infrastructures.
S’exprimant lors du sommet des dirigeants des BRICS à New Delhi, le président égyptien a insisté sur la nécessité de passer des déclarations politiques à des programmes opérationnels. Selon lui, les crises actuelles touchant l’énergie, les chaînes d’approvisionnement, le commerce et la sécurité alimentaire rendent nécessaire une coopération plus étroite entre les économies émergentes.
L’Egypte cherche notamment à tirer parti de sa position géographique. Le pays se trouve au croisement des routes commerciales reliant l’Afrique, l’Europe et l’Asie, avec le canal de Suez comme principale infrastructure stratégique.
Le Caire veut également renforcer son rôle dans la logistique et le commerce régional. Le développement d’un centre de stockage et de logistique céréalière figure parmi les projets évoqués par le président égyptien pour renforcer la sécurité alimentaire du pays et sa fonction de plateforme commerciale.
Le financement constitue un autre enjeu. Sissi a souligné les difficultés liées à l’endettement et à la réduction des marges budgétaires dans les économies en développement. Il a appelé à renforcer les instruments de financement du Nouveau Banque de développement des BRICS et à améliorer l’accès des pays membres aux ressources destinées aux infrastructures.
L’Egypte entend également renforcer les coopérations technologiques et climatiques. Le président égyptien a appelé à faciliter le transfert de technologies, à développer l’intelligence artificielle et à soutenir les investissements dans les énergies propres.
L’enjeu est important pour le Caire, qui cherche à diversifier ses partenariats économiques et à attirer davantage d’investissements dans des secteurs à forte valeur ajoutée.
L’Egypte ambitionne également de jouer un rôle plus important au sein des BRICS et n’exclut pas de prendre la présidence du groupe dans le futur. Le pays considère son appartenance au bloc comme un moyen de renforcer sa position dans les discussions sur la réforme du système économique international.
Le message du Caire est donc clair : les BRICS doivent devenir davantage qu’un forum politique et servir de plateforme pour des projets d’investissement, de commerce et de développement.
MK/AK/Sf/APA





