Le Burkina Faso a appelé mercredi à la réduction des inégalités entre les nations et à une réforme de l’architecture financière internationale, estimant que le droit au développement reste entravé par les déséquilibres économiques, le terrorisme et les ingérences.
Prenant la parole lors d’une réunion de haut niveau consacrée au 40e anniversaire de la Déclaration des Nations Unies de 1986 sur le droit au développement, le ministre burkinabè des Affaires étrangères Karamoko Jean Marie Traoré a défendu une approche fondée sur un développement « endogène, souverain et durable ».
« En trois ans, la production céréalière est passée de 5,1 à 7,15 millions de tonnes, tandis que la croissance économique a atteint 5,3 % en 2025 », a déclaré le ministre, attribuant ces résultats au choix de « l’action, de la résilience et de la dignité », malgré les défis sécuritaires.
Selon M. Traoré, le Burkina Faso entend notamment renforcer la production et la transformation locales des ressources ainsi que les capacités nationales, afin de réduire sa dépendance extérieure.
Le chef de la diplomatie burkinabè a également défendu la position des pays de la Confédération des Etats du Sahel (AES), affirmant qu’ils assument « pleinement leur responsabilité de protéger leurs peuples et leurs territoires ».
« Nous refusons que le droit au développement, à la vie et à la dignité de nos populations soit relégué au second plan », a-t-il déclaré, appelant à « la vérité des faits, à l’impartialité, au contradictoire et à l’égalité de traitement » dans l’examen des situations relatives aux droits humains.
Il a par ailleurs dénoncé l’utilisation, selon lui, des mécanismes de justice internationale comme instruments de pression politique. Cette position, a-t-il expliqué, s’inscrit dans le contexte du retrait engagé par les Etats membres de l’AES du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.
Pour le Burkina Faso, la réalisation du droit au développement passe enfin par une réforme de l’architecture financière internationale, une fiscalité plus équitable et le renforcement des capacités productives nationales.
M. Traoré a également appelé à considérer le terrorisme, les ingérences et les atteintes à la souveraineté et à l’intégrité territoriale comme des entraves au développement.
« En donnant au droit au développement toute sa portée, nous contribuerons à bâtir un monde plus juste, plus stable et plus prospère », a-t-il conclu.
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