Selon la Compagnie nationale libyenne de pétrole, un groupe armé a fermé une vanne de l’oléoduc reliant al-Charara au port de Zawiya, entraînant une baisse de production. La NOC a expliqué que la fermeture avait provoqué une montée de pression dans la conduite, et averti qu’une poursuite du blocage stopperait production, transport et exportation du champ, au détriment des recettes de l’État dans un contexte de prix mondiaux en hausse.
L’incident n’est pas isolé. Une semaine plus tôt, la fermeture d’une vanne sur l’oléoduc Hamada-Zawiya avait contraint trois installations du sud-ouest à l’arrêt, dont les champs de Hamada et d’Al-Tahara. Les blocages restent l’instrument de pression privilégié de groupes locaux qui négocient ainsi salaires, contrats ou positions politiques.
Le coût se mesure à l’aune des progrès récents. La production totale de brut et de condensats avait atteint près de 1,49 million de barils par jour le 21 juin 2026, un record depuis 2013. Selon l’OPEP, la production de brut était retombée à environ 1,36 million de barils par jour en août. La NOC vise 1,6 million de barils par jour fin 2026 et 2 millions en 2028. Chaque interruption éloigne ces objectifs et fragilise la confiance des partenaires étrangers revenus depuis l’appel d’offres de licences.
L’enjeu budgétaire est direct. Les hydrocarbures assurent environ 90 % des recettes publiques et 95 % des exportations. Le pays s’est doté en avril d’un premier budget unifié en treize ans, de 190 milliards de dinars. Ce budget repose sur une production stable que des acteurs armés peuvent interrompre à tout moment.
Les effets dépassent les frontières libyennes. Les importations libyennes, financées par la rente, constituent un débouché majeur pour les exportateurs égyptiens et tunisiens. La résolution rapide ou non du blocage d’al-Charara pèsera donc aussi sur les carnets de commandes de l’autre côté des frontières.
MK/AK/Sf/APA





