À fin août, le déficit budgétaire du Maroc s’établit à 58,6 milliards de dirhams, en léger recul sur un an. La progression de 10,3 % des recettes fiscales compense à peine la poussée des dépenses ordinaires.
Selon la situation des charges et ressources du Trésor marocain publiée par le ministère de l’Économie et des Finances, le déficit recule de 900 millions de dirhams sur un an, les recettes ayant progressé de 25,5 milliards contre 24,6 milliards pour les dépenses. L’amélioration est réelle mais étroite. Elle tient autant au rendement de l’impôt qu’à des éléments de trésorerie.
La fiscalité reste le moteur.
Les recettes fiscales dépassent 247,5 milliards de dirhams, en hausse de 10,3 %, soit 67,5 % des prévisions annuelles. Une progression aussi supérieure à celle de l’activité reflète l’élargissement de l’assiette et la montée en puissance des mesures d’intégration de l’informel. Les recettes non fiscales comprennent 11,7 milliards versés par les établissements publics, dont 4,4 milliards par Bank Al-Maghrib et 4,1 milliards par l’OCP, tandis que les financements innovants ont rapporté 9,9 milliards. Ces dernières ressources ne se reproduisent pas indéfiniment, ce qui invite à la prudence dans leur lecture.
Côté dépenses, la pression est structurelle. Les dépenses ordinaires atteignent 268,2 milliards, en hausse de 26,2 milliards, portées par les biens et services (+11,4 %), les intérêts de la dette (+9,1 %) et la compensation (+6,2 %). La hausse de la compensation se comprend au regard du contexte international : le HCP rappelle que l’escalade au Moyen-Orient et la paralysie du détroit d’Ormuz ont renchéri les matières premières début 2026.
L’investissement public progresse de 11,4 %, à 75,7 milliards, et les comptes spéciaux du Trésor dégagent un excédent de 4,9 milliards contre un déficit de 4,5 milliards un an plus tôt. C’est ce retournement des comptes spéciaux, plus que la seule dynamique fiscale, qui explique la stabilisation du déficit. Le solde ordinaire, toujours excédentaire à 12,2 milliards, s’est d’ailleurs légèrement contracté.
La croissance offre un appui : le HCP l’estime à 4,8 % au deuxième trimestre. Le prochain gouvernement héritera néanmoins d’un budget dont les marges dépendent des prix de l’énergie et du coût de la dette.
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