Des affrontements ont éclaté samedi soir à Kairouan entre des unités de police et des groupes de jeunes, au lendemain d’incidents similaires survenus la veille, ont rapporté des témoins. Ces violences font suite au décès d’un homme interpellé après une course-poursuite avec les forces de l’ordre, un événement qui a ravivé les tensions sociales dans cette région du centre tunisien.
Selon plusieurs témoins oculaires, des manifestants ont dressé des barricades en incendiant des pneus, bloquant plusieurs axes routiers de la ville. Des jets de pierres, de cocktails Molotov et de fusées éclairantes ont visé les forces de sécurité, qui ont riposté par des tirs de gaz lacrymogènes afin de disperser la foule. Aucun bilan officiel de blessés ou d’arrestations n’a été communiqué par les autorités.
D’après la famille de la victime, l’homme circulait à moto sans permis lorsqu’il a été pris en chasse par la police. Il aurait été rattrapé, frappé, puis conduit à l’hôpital d’où il avait réussi à s’enfuir. Il est décédé vendredi des suites d’un traumatisme crânien, selon ses proches, qui imputent directement sa mort aux violences subies lors de son interpellation. Les autorités n’ont pas confirmé cette version des faits à ce stade.
Le gouverneur de Kairouan s’est rendu samedi soir au domicile de la famille endeuillée. Il s’est engagé à l’ouverture d’une enquête afin de déterminer les circonstances exactes du décès, a indiqué un témoin présent lors de la visite. Aucune précision n’a été donnée sur le cadre judiciaire ou administratif de cette enquête, ni sur d’éventuelles suspensions de policiers concernés.
Ces troubles interviennent dans un climat national marqué par une recrudescence des tensions politiques et sociales. À l’approche de la commémoration, en janvier, de l’anniversaire de la « révolution du jasmin » de 2011, qui avait déclenché le mouvement des « printemps arabes », plusieurs manifestations ont eu lieu ces dernières semaines pour dénoncer ce que des opposants qualifient de régression des libertés publiques.
Dans ce contexte, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), principal syndicat du pays, a appelé à une grève générale le 21 janvier pour protester contre la situation politique et sociale. Les autorités, de leur côté, assurent vouloir maintenir l’ordre public tout en respectant la loi, alors que les tensions demeurent vives dans plusieurs régions du pays.
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