La décision judiciaire prononçant la dissolution du Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (CNAPEST) suscite une vive inquiétude parmi les syndicats autonomes algériens, qui dénoncent le recours à la justice pour régler des différends relevant, selon eux, du dialogue social.
Dans un communiqué commun daté du 30 juillet, la Confédération des syndicats algériens (CSA), encore en cours de constitution, a exprimé sa solidarité avec le CNAPEST et mis en garde contre les conséquences de cette dissolution sur l’exercice des libertés syndicales. L’organisation évoque une «dérive procédurale» susceptible de fragiliser davantage les relations entre les pouvoirs publics et les représentants des travailleurs.
Tout en réaffirmant son attachement à l’indépendance de la justice et au respect des lois de la République, la CSA déplore ce qu’elle considère comme un recours systématique de l’autorité de tutelle aux tribunaux pour trancher des litiges professionnels et sociaux. Ces différends devraient être traités par la négociation, la concertation et les mécanismes du dialogue social, estime la confédération.
Les organisations signataires redoutent que la dissolution du CNAPEST n’installe un précédent et n’accentue les tensions au sein du monde du travail. Elles soulignent qu’une telle décision intervient dans un contexte national nécessitant, au contraire, le renforcement de la cohésion sociale et le rétablissement de la confiance entre les citoyens et les institutions.
La CSA a également renouvelé plusieurs revendications portées de longue date par les syndicats autonomes, notamment la délivrance des récépissés d’enregistrement indispensables à la reconnaissance juridique de leurs structures. Elle conteste par ailleurs l’application de certaines dispositions des lois 23-02 et 23-08, relatives à l’exercice du droit syndical et au droit de grève.
Selon la confédération, ces textes sont utilisés comme des instruments de pression et d’intimidation susceptibles de restreindre l’action collective et la défense des droits socioprofessionnels. La CSA appelle ainsi les hautes autorités algériennes à intervenir pour lever les contraintes pesant sur l’organisation des travailleurs et privilégier une sortie de crise fondée sur le dialogue.
MK/AK/Sf/APA







