Le droit de visite des pères après divorce ravive en Égypte un débat juridique et social sur l’équilibre familial et l’intérêt de l’enfant.
La question du statut personnel revient au premier plan en Égypte, alimentée par une polémique croissante autour du droit de visite des pères après divorce. Selon plusieurs sources juridiques et parlementaires, le cadre légal actuel limite souvent les visites à quelques heures hebdomadaires dans des lieux publics, sans disposition claire sur l’hébergement des enfants. Cette situation, largement relayée dans l’espace public, a été récemment ravivée par des productions télévisées diffusées durant le Ramadan, remettant en lumière les limites du dispositif existant .
Ce regain d’attention s’accompagne d’une mobilisation sur le terrain institutionnel. Des rassemblements de pères devant le Conseil d’État ont appelé à une révision des dispositions encadrant la garde et les droits de visite. En parallèle, la juridiction administrative a reporté au 18 avril l’examen d’un recours visant à contraindre le gouvernement à soumettre un projet de réforme au Parlement, traduisant une pression judiciaire et politique convergente . Des responsables politiques, dont la députée Randa Mostafa, ont confirmé l’existence de propositions d’amendement visant à encadrer juridiquement ces droits.
Ce débat s’inscrit dans un contexte juridique marqué par une hiérarchie de garde qui place la mère en priorité, suivie de la famille maternelle, puis paternelle, le père n’intervenant qu’en dernier recours. Selon l’avocat Mohamed Ismaïl, spécialiste des affaires familiales, cette organisation, combinée à l’absence de cadre clair pour l’hébergement, limite la capacité des pères à maintenir une relation stable avec leurs enfants. En pratique, les visites restent fragiles, souvent perturbées par des retards ou des refus de présentation de l’enfant .
La réflexion engagée dépasse le seul cadre juridique et touche aux équilibres sociaux et institutionnels. Plusieurs propositions visent ainsi à introduire un droit d’hébergement encadré, inspiré de modèles appliqués dans d’autres pays arabes, ainsi qu’à renforcer les mécanismes de suivi social et psychologique des visites. D’autres pistes portent sur la modernisation des procédures de notification ou encore sur l’instauration de sanctions en cas de non-respect des décisions judiciaires, dans la continuité des mesures déjà prises sur les pensions alimentaires .
MK/AK/Sf/APA







