La Commission de l’Union africaine (UA) a reconnu que la mission de stabilisation de l’UA en Somalie fait face à des difficultés financières majeures, menaçant son existence si la situation n’est pas rapidement résolue.
Lors d’une déclaration faite jeudi à Entebbe, en Ouganda, Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA, a révélé que la Mission de soutien et de stabilisation de l’Union africaine en Somalie (AUSSOM) souffre d’un déficit budgétaire important et a mis en garde les partenaires internationaux sur le risque d’un arrêt prématuré de l’opération.
Youssouf s’exprimait à l’issue d’une rencontre avec les chefs d’état-major des forces armées des pays contributeurs de troupes (PCT) et d’autres partenaires internationaux, dont l’Union européenne, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’IGAD, en prévision du sommet des chefs d’État de l’AUSSOM prévu pour le 25 avril.
« La mission fait face à des contraintes budgétaires, et la mise en œuvre de la résolution 2719 en Somalie rencontre encore une certaine réticence », a déclaré Youssouf dans un communiqué transmis à l’APA. Le président a souligné que bien que la Commission déploie des efforts pour mobiliser des fonds, le maintien de l’AUSSOM nécessitera un soutien collectif des États membres de l’UA ainsi que des partenaires internationaux.
Il a appelé à une action urgente pour préserver cette mission cruciale de maintien de la paix en Somalie. Depuis près de deux décennies, les pays contributeurs de troupes ont fait preuve d’un engagement important pour la stabilité de la Somalie, acceptant de nombreux sacrifices dans ce cadre.
Selon une mise à jour budgétaire publiée plus tôt ce mois-ci, l’AUSSOM fera face à un déficit financier majeur entre janvier et juin 2025, nécessitant un financement supplémentaire de 90,4 millions de dollars pour couvrir ses composantes militaire, policière, civile et opérationnelle.
Les coûts militaires, qui représentent la majeure partie de ce déficit avec 78,5 millions de dollars, sont principalement liés aux compensations des troupes. Les coûts des composantes policière et civile sont respectivement estimés à 8,1 millions et 3,3 millions de dollars, tandis que les coûts opérationnels s’élèvent à 400 000 dollars. Le financement provenant de la Chine, du Fonds pour la paix de l’UA, du Japon et de la Corée atteint 16,7 millions de dollars, soit 18,5% des besoins, laissant un déficit de 73,7 millions de dollars.
Par ailleurs, la liquidation de l’ATMIS génère un passif de 1,7 million de dollars, dont un million reste non financé, portant ainsi le besoin total en trésorerie à 92,1 millions de dollars. Un engagement financier non spécifié du Royaume-Uni devrait permettre de combler ce manque et garantir la continuité des opérations.
Le passif impayé de l’ATMIS envers les pays contributeurs de troupes pour la période 2022-2024 s’élève à 93,9 millions de dollars, avec des montants dus aux pays suivants : 34,5 millions pour l’Ouganda, 15,7 millions pour le Kenya, 17,2 millions pour l’Éthiopie, 8,3 millions pour Djibouti et 18,1 millions pour le Burundi.
Malgré ces défis financiers, Youssouf a salué les progrès réalisés dans la lutte contre le groupe Al-Shabaab, soulignant que la stabilité de la Somalie est essentielle non seulement pour la région de la Corne de l’Afrique, mais également pour la paix mondiale.
Il a affirmé que la transition de l’ATMIS à l’AUSSOM doit impérativement réussir pour consolider les avancées territoriales. Il a également encouragé le gouvernement fédéral somalien à favoriser l’inclusion des États fédéraux et a appelé à la solidarité des pays membres de l’UA envers la Somalie.
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