La Police nationale du Sénégal a enregistré 36 515 infractions au cours de l’année 2025, avec 20 308 personnes déférées au parquet et près de 1,5 milliard de francs CFA d’amendes forfaitaires recouvrées, a annoncé jeudi le commissaire Baïdy Sène lors de la présentation du rapport annuel de l’institution.
La cérémonie de présentation de son rapport, présidée par le directeur général de la Police nationale, Mame Seydou Ndour, a permis de dresser le bilan d’une année marquée par le renforcement de la proximité avec les populations et l’intensification de la lutte contre la délinquance et le crime organisé.
Selon le rapport, plusieurs infractions portant atteinte à la paix publique figurent parmi les plus fréquentes. Il s’agit notamment du faux et usage de faux (290 personnes déférées), des rixes sur la voie publique (134), des troubles à l’ordre public (140) ainsi que des faits d’outrage et de rébellion (148).
Les infractions contre les personnes restent également préoccupantes. La police a enregistré 487 déferrements pour coups et blessures volontaires, 145 pour tentative de meurtre, 140 pour menaces de mort, 96 pour homicide volontaire et 66 pour viol. À cela s’ajoutent 42 tentatives de viol, 31 cas d’infanticide et 77 cas de détournement de mineurs.
S’agissant des atteintes aux biens, les vols simples (1 618 personnes déférées) et les vols qualifiés (1 674) dominent les statistiques. Les faits d’escroquerie (962 cas) et d’abus de confiance (579) figurent également parmi les délits les plus recensés. D’autres infractions ont été relevées, notamment l’association de malfaiteurs (380 cas), le vol de bétail (211) et le détournement de deniers publics (21).
Le rapport met aussi en lumière la progression de la cybercriminalité, avec 3 794 cas recensés en 2025. Au total, 257 personnes ont été déférées pour ce type d’infractions, principalement liées à l’escroquerie en ligne, aux atteintes aux données, aux atteintes aux mœurs ainsi qu’aux faits de diffamation et d’injures sur les plateformes numériques. Parmi les personnes interpellées, 94 % sont des hommes et 89 % de nationalité sénégalaise.
La lutte contre les stupéfiants demeure par ailleurs une priorité pour les forces de l’ordre. Les saisies de chanvre indien ont atteint 5,693 tonnes en 2025, contre 4,688 tonnes en 2024, soit une hausse de 21,43 %. Les quantités de haschisch saisies ont également progressé, passant de 6,057 kg à 33,24 kg sur la même période. En revanche, les saisies de cocaïne ont diminué, avec 6,457 kg interceptés en 2025 contre 25,678 kg en 2024.
La police signale aussi l’apparition de nouvelles drogues synthétiques, notamment le « kush », dont 20,22 kg et 4 133 doses ont été saisis. Les opérations ont également permis la saisie de 34 344 comprimés de tramadol, 28 013 barbituriques, 500,5 grammes d’ecstasy et 400 grammes de méthamphétamine.
Le rapport mentionne par ailleurs la découverte, pour la première fois au Sénégal, d’un échantillon de fentanyl, une drogue de synthèse particulièrement puissante. Cette substance a été identifiée après une saisie réalisée le 26 février 2026 à Grand-Yoff, puis analysée par le Laboratoire national d’analyse des drogues de la Police technique et scientifique.
La Police nationale alerte également sur l’ampleur du phénomène de migration irrégulière. En 2025, 4 568 personnes ont été interceptées, dont 582 déférées au parquet. Selon le rapport, 87 % des tentatives de migration irrégulière se font par voie maritime.
Enfin, le document souligne une baisse notable des accidents de la route dans le périmètre d’intervention de la police. Entre 2024 et 2025, les accidents matériels ont reculé de près de 30 %, les accidents corporels de 27 % et les accidents mortels de près de 40 %, une évolution attribuée au renforcement des contrôles routiers et à une application plus stricte du code de la route.
TE/Sf/APA







