Le gouvernement ougandais a demandé au Parlement d’approuver des exonérations fiscales d’un montant total de plus de 16,8 milliards de shillings ougandais (environ 4,5 millions de dollars) en faveur de trois organisations locales confrontées à des difficultés financières.
Des demandes d’exonération à hauteur de 4,5 millions de dollars, actuellement au niveau du parlement ougandais, concernent l’Uganda Printing and Publishing Corporation (UPPC), K-Roma Limited, fabricant de la marque Bella Wine, et l’Université Ankole Western. Elles ont été soumises mardi 14 juillet 2026 par le ministre des Finances, de la Planification et du Développement économique, Henry Musasizi, lors d’une séance parlementaire présidée par le vice-président de l’Assemblée, Thomas Tayebwa.
Selon le ministère, ces demandes s’appuient sur l’article 43(2) du Code des procédures fiscales, qui autorise une remise d’impôts lorsqu’un contribuable est dans l’incapacité de régler ses dettes fiscales en raison de difficultés financières, sous réserve de l’approbation du Parlement.
L’UPPC demande une exonération de plus de 13 milliards de shillings. Le ministère justifie cette requête par la chute des revenus de l’entreprise, passés de 19 milliards de shillings à 8 milliards en 2002, puis à 6 milliards, ainsi que par d’importantes créances impayées. Plus de 90 % des clients de la société sont des entités publiques, dont plusieurs accusent des retards de paiement.
Le document présenté au Parlement souligne également que l’obsolescence des équipements de l’entreprise a réduit sa productivité et sa compétitivité, entraînant une perte de parts de marché face à des concurrents proposant des prix plus bas.
Pour K-Roma Limited, le gouvernement sollicite une exonération de 1,8 milliard de shillings. L’entreprise explique ses difficultés par une baisse des ventes après la pandémie de Covid-19 et par les pressions liées au développement de son terrain situé dans le parc industriel de Namanve, sous peine de perdre son attribution.
L’Université Ankole Western, quant à elle, bénéficierait d’une exonération d’environ 1 milliard de shillings. Le ministère évoque une baisse des revenus liée à une crise de gouvernance ayant opposé l’établissement au diocèse d’Ankole entre 2013 et 2015, ainsi qu’aux conséquences de la pandémie. La dette de l’université dépassait 2,8 milliards de shillings fin 2025.
Ces demandes ont toutefois suscité des interrogations au sein du Parlement. Certains députés ont demandé au gouvernement de préciser les critères utilisés pour accorder des exonérations fiscales, estimant que de nombreuses entreprises locales connaissent également des difficultés.
Le député de Kalungu Ouest, Ssewungu Gonzaga, a notamment réclamé davantage de transparence dans le processus, tandis que Patrick Oshabe, représentant de Kassanda Nord, s’est interrogé sur la justification d’une exonération de plus de 13 milliards de shillings en faveur d’une seule entreprise.
Le ministre Henry Musasizi a promis de fournir aux parlementaires des informations détaillées sur les conditions d’accès à ces mesures fiscales, affirmant que la transparence restait essentielle dans la gestion des ressources publiques.
Le vice-président du Parlement, Thomas Tayebwa, a finalement transmis le dossier à la commission des finances pour examen.
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