Ne Un séminaire s’est ouvert, ce lundi 28 juillet 2025, à Grand-Bassam, cité balnéaire à 40 Km au Sud-est d’Abidjan, afin de renforcer la compréhension et les capacités des députés africains face aux crises complexes affectant l’Afrique.
Un séminaire de 72 heures, financé par l’Espagne, est organisé par l’Institut de recherche stratégique (IRS) de l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) à l’intention des parlementaires africains, regroupés au sein du Réseau des Parlementaires africains membres des commissions défense et sécurité (REPAM-CDS).
Sous le thème « Responsabilité du parlementaire face aux crises interétatiques », la cinquantaine d’élus issus de la Corne de l’Afrique, et des zones CEMAC et CEDEAO, sera instruite sur les bonnes pratiques face à des réalités nouvelles qui posent problème à nombre d’États africains.
À l’ouverture de la session, le général Joseph Allah Kouamé, directeur général de l’AILCT, a relevé que ce séminaire se tient dans un contexte africain marqué par une accumulation de crises « interconnectées qui menacent l’équilibre social et enserrent le risque d’effondrement de l’État. »
Selon lui, les tensions résultant de ces crises « imbriquées » ne découlent pas forcément de compétitions interétatiques, mais plutôt de « dysfonctionnements » internes qui trahissent une faille majeure dans la gouvernance.
Dans cet environnement « mouvant et incertain », le général Joseph Allah Kouamé a jugé important l’apport des institutions parlementaires, « piliers substantiels de résilience démocratique et garants de l’ordre républicain. »
« En ciblant les élus, maillons institutionnels parfois sous-estimés, nous souhaitons les repositionner dans une posture de prévention des crises et de pilotage de la riposte, en lien avec les autres institutions de l’État et les partenaires internationaux », a affirmé le général Joseph Kouamé.
Pour lui, il incombe aux parlementaires d’œuvrer sans « relâche à l’émergence des solutions innovantes, endogènes pour renforcer ou rétablir le lien de confiance entre l’État et ses populations ». Et ce, face à l’insuffisance des mécanismes de régulation citoyenne.
Le Joseph général Allah Kouamé a réaffirmé l’engagement de l’AILCT à outiller les décideurs politiques aux fins « d’asseoir une gouvernance anticipative, résiliente et ancrée dans les valeurs de la démocratie, de préservation des écosystèmes vitaux et de respect des droits universels. »
Pour sa part, l’honorable Lassina Koné, vice-président du REPAM-CDS, a souligné que ce séminaire revêt une valeur « stratégique » leur permettant de renforcer leurs capacités d’analyse, de concertation et d’action face aux menaces sécuritaires qui traversent l’Afrique.
Il a appelé les élus à prendre le temps de la réflexion afin de discerner les causes profondes des instabilités qui affectent les pays, mais aussi d’assumer leur part de responsabilité collective, en tant qu’élus du peuple et garants des institutions républicaines.
Face à l’intensification des menaces infra-étatiques, il a également exhorté ses collègues à proposer des réponses « holistiques », fondées sur une approche intégrée alliant prévention, dialogue politique, développement local et justice sociale.
« Nous devons repenser nos stratégies d’intervention et sortir d’une logique de réaction pour entrer dans une culture de l’anticipation parlementaire », a-t-il poursuivi.
Guillermo Marín Gorbea, ambassadeur du Royaume d’Espagne en Côte d’Ivoire, a dit vouloir marquer, à travers ce séminaire, le rôle central du parlementaire dans le bien-être des populations, cela à travers la validation de politiques profitables à tous et garantes de stabilité.
Conscient que le terrorisme constitue une menace mondiale et que l’Espagne en a été victime, il a réaffirmé la disponibilité de son pays à accompagner et poursuivre toutes les initiatives qui œuvrent au bonheur des populations.
Au terme des trois jours, il est attendu des recommandations en vue de convertir en initiatives parlementaires, un réseau actif d’acteurs engagés et la reconnaissance de leurs rôles stratégiques dans la stabilisation des sociétés africaines.
AP/Sf/APA





