Réuni pour la première fois en congrès national depuis sa création, le parti Pastef-Les Patriotes se penche ce week-end sur son avenir organisationnel et politique, dans un contexte marqué par des divergences apparues entre ses deux principales figures, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, sur la conduite des affaires de l’État.
Le parti Pastef-Les Patriotes tient ce week-end à Dakar son premier congrès national depuis sa création en 2014, une rencontre appelée à définir les orientations de la formation politique dans un contexte de recomposition du pouvoir au sommet de l’État.
Réunissant des délégués venus de l’ensemble du Sénégal et de la diaspora, le congrès doit notamment adopter les grandes lignes stratégiques du parti, renouveler ses instances dirigeantes et préciser son positionnement dans la nouvelle configuration politique du pays.
Cette rencontre intervient quelques jours après la formation du gouvernement dirigé par le Premier ministre Ahmadou Alamine Mohamed Lo, dans lequel Pastef a choisi de ne pas être représenté malgré son statut de principale force politique à l’Assemblée nationale.
Le congrès se tient également dans la foulée des changements intervenus au sommet de l’État. Ousmane Sonko a été démis de ses fonctions de Premier ministre le 22 mai par le président Bassirou Diomaye Faye. Quelques jours plus tard, il a été élu président de l’Assemblée nationale après la démission d’El Malick Ndiaye du perchoir.
Cette séquence politique a mis en lumière des divergences entre les deux dirigeants sur la manière de conduire l’action publique et d’organiser l’exercice du pouvoir, même si les deux hommes continuent d’afficher leur appartenance commune à Pastef.
Au lendemain de l’annonce de la nouvelle équipe gouvernementale, Ousmane Sonko a justifié le refus de son parti de participer à l’exécutif par des désaccords apparus lors des discussions avec le chef de l’État, notamment sur la place de la majorité parlementaire dans l’architecture gouvernementale ainsi que sur certaines orientations politiques.
Mardi à Dakar, le président de l’Assemblée nationale a toutefois écarté toute perspective de confrontation institutionnelle, affirmant que Pastef ne déposerait aucune motion de censure contre le gouvernement. Il a plaidé pour le maintien du dialogue avec le président Bassirou Diomaye Faye et appelé à préserver la stabilité politique du pays.
Ces déclarations confèrent une portée particulière au congrès de ce week-end, premier grand rendez-vous du parti depuis son accession au pouvoir. Les participants devraient y examiner les conséquences de la nouvelle séquence politique ouverte par le remaniement gouvernemental et définir les modalités d’action de Pastef en tant que force majoritaire au Parlement mais absente de l’exécutif.
Dans une contribution publiée à l’approche de l’événement, Ousmane Sonko a présenté ce premier congrès comme une étape décisive dans la transformation de Pastef, appelé selon lui à passer « du mouvement à l’organisation » afin de renforcer son fonctionnement interne et sa capacité à porter son projet politique dans la durée.
Les travaux doivent s’achever dimanche par une cérémonie de clôture au cours de laquelle les principales résolutions adoptées par les congressistes seront rendues publiques.
AC/Sf/APA




