L’Ivoirien Roland Abé Shon a brillamment défendu, ce lundi 28 juillet 2025, à Abidjan, une thèse doctorale, autour du thème « Analyse économique des effets de la biosécurité sur la productivité des exploitations avicoles de la Côte d’Ivoire. »
Comment améliorer la performance des élevages avicoles en Côte d’Ivoire face aux risques sanitaires croissants ? À cette problématique, M. Abé Shon (48 ans) a fait état d’une maîtrise rigoureuse des outils d’analyses économiques appliqués au secteur avicole.
M. Abé Shon, coordonnateur du Programme d’appui à la production avicole nationale (PAPAN), structure rattachée au ministère ivoirien des Ressources animales et halieutiques, a apporté une réponse empirique à travers cette thèse de doctorat.
L’étude a pour objectif d’analyser les facteurs de biosécurité qui influencent sur la productivité des exploitations avicoles. L’échantillon a porté sur 240 exploitations avicoles de poulets de chair de capacité allant de 1 000 à 10 000 sujets.
Pour lui, la « biosécurité » est une réponse efficace et appropriée. Elle peut être définie comme un ensemble de mesures que l’éleveur adopte et met en place afin d’éviter l’entrée de maladies sur la ferme, leur dissémination et la contamination d’autres fermes voisines.
« Les éleveurs doivent absolument mettre en place des mesures de biosécurité, et cela va leur permettre de gagner en rentabilité, d’améliorer leurs revenus, et surtout d’épargner leurs fermes de toutes sortes de maladies, parce que quand la maladie rentre sur la ferme, elle est foudroyante », a-t-il dit.
À l’issue de la soutenance, le jury lui a décerné la mention « très honorable », saluant la pertinence du thème : « Analyse économique des effets de la biosécurité sur la productivité des exploitations avicoles en Côte d’Ivoire ». Pour lui, ce doctorat en Sciences économiques représente « le couronnement » de sept années d’études.
Il a révélé que la biosécurité n’est pas beaucoup pratiquée par les petits exploitants, contrairement aux grandes firmes qui investissent pour protéger leurs fermes. La filière avicole en Côte d’Ivoire est très dynamique, avec un chiffre d’affaires de plus de 350 milliards FCFA en 2024 et plus de 200 000 emplois.
La production de viande de volaille, elle, est estimée à plus de 106 millions de tonnes équivalent carcasses, selon les données officielles. La biosécurité permet de prendre des mesures pour éviter de transporter des microbes sur la ferme et de garantir le bien-être des animaux.
Cependant, le secteur est très vulnérable, en raison de certaines difficultés, notamment le manque de compétitivité et les contraintes sanitaires du fait de la « grippe aviaire », décimant des exploitations et des fermes. En 2024, 744 741 volailles ont été abattues suite à une épidémie.
Dans cette thèse, il ébauche « des incitations politiques » pouvant être intégrées aux programmes de formation, tout en soulignant qu’« on ne peut plus aujourd’hui former pour former », car il faut tenir compte des réalités de l’éleveur en intégrant la pratique de la biosécurité.
Son engagement dans la filière avicole lui a permis récemment d’être confirmé par le ministre des Ressources animales et halieutiques, en tant que Commissaire du gouvernement auprès de l’Interprofession avicole ivoirienne (IPRAVI) et membre du Conseil d’administration.
M. Roland Abé Shon a, par ailleurs, été nommé en novembre 2023 coordonnateur du Programme d’appui à la production avicole nationale (PAPAN) ainsi que du Projet de Renforcement de la Filière avicole (Pro-avicole).
Sa carrière a également été marquée par une promotion au grade A5 en tant que Vétérinaire principal depuis février 2020. Il a précédemment obtenu un Master de recherche en économie rurale au Centre ivoirien de recherches économiques et sociales (CIRES) et un Master professionnel en administration des entreprises à PIGIER – Côte d’Ivoire.
Sa formation en médecine vétérinaire, sanctionnée par l’obtention de son Doctorat d’État en médecine vétérinaire, obtenu à l’École Inter-États des sciences et médecine vétérinaires (EISMV) à Dakar, est la base de son expertise technique en aviculture.
AP/Sf/APA





