Sur le marché de l’Euro en Algérie, la persistance d’un écart massif entre le marché officiel et le marché noir des devises continue de mettre en lumière les déséquilibres structurels du système de change algérien.
Le marché parallèle des devises en Algérie a entamé le mois de février sur une phase de stabilité apparente, mais à des niveaux historiquement élevés, confirmant l’enracinement du marché noir dans le fonctionnement quotidien de l’économie. Ce lundi 2 février, l’euro poursuivait son échange bien au-delà du seuil des 280 dinars algériens au Square Port-Saïd d’Alger, principal baromètre informel du change dans le pays.
Selon les cotations observées sur ce marché, l’euro s’échange à 282,50 dinars à l’achat et 278,50 dinars à la vente, soit 28 250 dinars pour 100 euros côté acheteur. Cette stabilité à un sommet inédit reflète une demande soutenue pour la devise européenne, alimentée par les besoins liés aux voyages, aux transferts de fonds et aux importations, dans un contexte de restrictions persistantes de l’accès légal aux devises.
En parallèle, le contraste avec le marché officiel reste saisissant. Encadré par la Banque d’Algérie, le taux officiel affiche 15 360 dinars pour 100 euros, soit un différentiel de près du simple au double avec le marché informel. Cet écart structurel, loin de se résorber, illustre l’incapacité du système de change administré à capter la demande réelle de devises et à assécher les circuits parallèles.
Le dollar américain évolue, pour sa part, dans une relative stabilité. Sur le marché informel, 100 dollars s’échangent à 24 100 dinars à l’achat et 23 800 dinars à la vente, traduisant une demande plus modérée pour le billet vert en ce début de mois. Sur le marché officiel, le taux demeure nettement inférieur, à 12 956 dinars pour 100 dollars, confirmant là encore l’ampleur du décalage entre les deux circuits.
La livre sterling conserve également des niveaux élevés sur le marché parallèle. Elle s’échange à 30 400 dinars à l’achat et 29 900 dinars à la vente pour 100 livres, contre un taux officiel de 17 728 dinars. Cette situation renforce la hiérarchie informelle des devises face à un dinar algérien durablement sous pression hors du cadre réglementé.
Les opérateurs soulignent par ailleurs que les taux du marché noir peuvent varier d’une wilaya à l’autre, parfois de plus de 100 dinars, en fonction de la disponibilité des devises. Les cotations restent sensibles aux facteurs saisonniers, notamment les périodes de voyages, de Omra ou de pèlerinage, et aux opérations d’importation, en particulier celles liées aux véhicules.
Dans l’ensemble, ce début février confirme la normalisation d’un marché parallèle installé à des niveaux élevés, révélant une économie où le contrôle administratif du change coexiste avec une réalité monétaire largement dictée par l’informel, au cœur même de la capitale algérienne.
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