À l’occasion de la Journée du Diplomate ce 10 février 2026, l’ambassadeur de Russie au Burkina Faso, Igor Martynov, a dressé un bilan de la coopération entre Moscou et l’Alliance des États du Sahel (AES). Il a réaffirmé le soutien stratégique et militaire.
Dans une déclaration dont APA a obtenu copie, le diplomate russe souligne l’engagement actif de la Fédération de Russie pour la souveraineté économique et militaire du Burkina Faso, du Mali et du Niger, tout en dénonçant les manœuvres de déstabilisation occidentales.
Le 10 février n’est pas une date anodine pour le corps diplomatique russe. Commémorant la création du Posolsky Prikaz (Bureau des Ambassadeurs) en 1549, cette journée symbolise, selon Igor Martynov, la continuité d’une diplomatie désormais tournée vers la promotion d’un monde multipolaire.
Dans sa déclaration, l’ambassadeur Martynov a mis l’accent sur le « deuxième réveil » de l’Afrique. Il a notamment souligné que depuis la montée en puissance de la Confédération des États du Sahel (AES) il y a deux ans et demi, Moscou s’est imposé comme un partenaire de premier plan.
« La Russie aide activement ces pays à se libérer de leur dépendance néocoloniale, à mettre en place une économie indépendante et à renforcer les fondements de leur souveraineté et de leur capacité de défense », a-t-il affirmé. Cette dynamique s’inscrit dans une expansion diplomatique globale : le réseau diplomatique russe en Afrique est en passe d’atteindre 49 ambassades, couvrant ainsi la quasi-totalité du continent.
Accusations contre l’Occident et l’Ukraine
Le diplomate n’a pas manqué de pointer du doigt les tensions persistantes avec les puissances occidentales. Selon Igor Martynov, la France et ses alliés tenteraient d’entraver les progrès de l’AES en utilisant des « méthodes terroristes » et des groupes armés pour déstabiliser la région.
Plus grave encore, Moscou accuse ouvertement le régime de Kiev d’intervenir sur le sol sahélien : « L’Occident utilise ouvertement des instructeurs ukrainiens pour former des combattants, tandis que le régime de Kiev fournit des drones et des armes à des groupes armés illégaux », indique la note de l’ambassadeur.
Vers le nucléaire civil au Burkina Faso
Sur le plan bilatéral, la relation entre Moscou et Ouagadougou entre dans une phase opérationnelle majeure. Au-delà de la croissance des échanges commerciaux et de la coopération à l’ONU, deux dossiers phares ont été confirmés par le diplomate. Sur le plan énergétique, les premières étapes concrètes pour la construction de la première centrale nucléaire au Burkina Faso ont été franchies. Au niveau institutionnel, il a annoncé la tenue prochaine de la première réunion de la commission intergouvernementale russo-burkinabè.
En conclusion, Igor Martynov s’est dit convaincu que le partenariat russo-burkinabè continuera de se développer malgré la complexité de la situation internationale, s’appuyant sur une vision commune de la lutte contre le néocolonialisme et la glorification du nazisme.
Ho/Sf/APA







