Le compte courant égyptien s’est redressé en 2024-2025 sous l’effet combiné du rebond du tourisme, de la hausse des exportations et du record historique des transferts de fonds des Égyptiens résidant à l’étranger, selon la Banque centrale d’Égypte.
La Banque centrale d’Égypte (BCE) a annoncé mardi 7 octobre une nette amélioration du compte courant, dont le déficit a reculé de 25,9 % pour s’établir à 15,4 milliards de dollars sur l’exercice fiscal 2024-2025, contre 20,8 milliards un an plus tôt. Cette évolution positive, souligne la BCE, découle principalement de la reprise des recettes touristiques et du bond spectaculaire des transferts des travailleurs égyptiens à l’étranger.
Les exportations égyptiennes ont progressé de 23,5 %, atteignant 40,2 milliards de dollars, portées par la hausse des ventes de produits pétroliers, chimiques et agricoles. Le redressement des flux de devises constitue une bouffée d’oxygène pour l’économie égyptienne, confrontée depuis plusieurs années à une pénurie chronique de dollars et à une inflation élevée.
Les transferts des Égyptiens à l’étranger ont atteint un niveau inédit de 36,5 milliards de dollars, contre 21,9 milliards un an auparavant. Ces envois de fonds, essentiels pour l’équilibre externe du pays, avaient chuté en 2023 et début 2024 en raison de l’écart entre le taux de change officiel et celui du marché parallèle. Leur redressement découle des réformes engagées en mars 2024, notamment la dévaluation de la livre égyptienne et la libéralisation partielle du marché des changes, mesures saluées par le FMI.
Les recettes touristiques ont progressé de 16,3 %, atteignant 16,7 milliards de dollars, contre 14,4 milliards un an plus tôt. Le nombre total de nuitées a bondi à 179,3 millions, contre 154,1 millions précédemment. Ce dynamisme s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à attirer 30 millions de visiteurs par an d’ici 2030, à travers un vaste plan d’investissement dans le secteur hôtelier et la modernisation des infrastructures aéroportuaires. Un nouveau terminal à l’aéroport du Caire doit notamment permettre d’accueillir 30 millions de passagers supplémentaires chaque année.
Les investissements directs étrangers (IDE) ont en revanche connu une chute spectaculaire, passant de 46,1 milliards de dollars en 2023-2024 à 12,2 milliards. L’année précédente avait été exceptionnellement marquée par la vente du méga-projet de Ras Al-Hikma, évalué à 35 milliards de dollars, dont l’effet ponctuel ne s’est pas reproduit. Cette baisse reflète également la prudence persistante des investisseurs face à la conjoncture mondiale et à la dette extérieure élevée du pays.
MK/Sf/APA







