La Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUSCO) renforce les capacités des acteurs judiciaires à Beni pour faire face aux nouveaux défis du financement du terrorisme et de la criminalité numérique.
Depuis le 13 octobre, une formation de deux semaines réunit des inspecteurs de police judiciaire et des magistrats civils et militaires autour du thème « La cryptomonnaie et les échanges chiffrés ». La session, initiée par la section d’Appui à la justice, regroupe dix participants et prendra fin le 24 octobre 2025.
Selon le commandant Rhafer Ahnouche, expert en investigation numérique et formateur principal, cette initiative vise à améliorer la traçabilité des flux financiers et à prévenir leur utilisation à des fins terroristes. Il a rappelé que si la cryptomonnaie, représente une innovation économique, elle demeure un outil que certains détournent à des fins illicites.
Les travaux visent à doter les acteurs judiciaires d’outils pour mieux comprendre la cryptomonnaie, identifier les risques de son usage et analyser les preuves numériques. Ils consistent également à renforcer la collaboration entre les services de sécurité et les instances judiciaires pour un meilleur partage des informations.
La magistrate Deborah Mabondani a salué une formation « essentielle pour renforcer les capacités locales à détecter, enquêter et poursuivre les cas de financement suspect ». Elle a souligné que ces connaissances contribueront à améliorer la coordination institutionnelle dans la lutte contre le crime organisé et le terrorisme
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de la MONUSCO d’appui à la justice congolaise dans la lutte contre le crime organisé et le terrorisme.
Des rapports récents de l’ONU (CTED) et du GAFI/GIABA indiquent que les groupes terroristes comme Da’esh, Al-Qaïda et leurs affiliés intensifient leurs activités en Afrique (Sahel, Afrique centrale, Corne de l’Afrique) et exploitent les cryptomonnaies, les économies informelles, ainsi que le commerce illégal de ressources naturelles pour se financer. En Afrique du Sud, les services d’actifs cryptographiques sont classés comme présentant un fort risque de blanchiment d’argent et de financement terroriste selon une évaluation officielle récente. Le cadre de régulation reste cependant inégal selon les pays, et les autorités sont appelées à renforcer les mécanismes de surveillance financière, les évaluations nationales des risques, la coopération transfrontalière et le suivi des transactions en cryptomonnaies.
Depuis plusieurs années, la République démocratique du Congo (RDC) fait face à une insurrection jihadiste dans l’est du pays, où les Forces démocratiques alliées (ADF), affiliées à l’État islamique, mènent régulièrement des attaques contre l’armée et les populations civiles.
RNK/ac/Sf/APA







