La presse ouest-africaine revient ce jeudi sur les secousses politiques en Côte d’Ivoire, les batailles de légitimité en Guinée, les enjeux de gouvernance au Nigéria et au Sénégal, mais aussi sur des faits insolites au Burkina Faso et des menaces acridiennes au Niger.
La scène politique ivoirienne est marquée par une décision ferme du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, relayée par Abidjan.net, qui interdit toute contestation des arrêts du Conseil constitutionnel. Cette mesure s’appuie sur l’article 138 de la Constitution et intervient après la publication, le 8 septembre, de la liste définitive des cinq candidats retenus pour la présidentielle du 25 octobre. Si Alassane Ouattara et Simone Gbagbo sont en lice, les rejets de Laurent Gbagbo, Cheick Tidjane Thiam et Pascal Affi N’Guessan suscitent une vive indignation au sein de l’opposition.
De Conakry, AfricaGuinée rapporte les propos du Premier ministre Amadou Oury Bah face aux appels au boycott du référendum constitutionnel du 21 septembre. Il estime que ces positions traduisent une « défaite anticipée » et défend la transparence du processus, désormais adossé à l’état civil. Selon lui, le camp du « Oui » sortira largement vainqueur, mais il insiste sur l’importance d’une forte participation pour garantir la légitimité de la future loi fondamentale.
Plus à l’est, au Bénin, l’Agence nationale des transports terrestres a fixé un ultimatum au 15 octobre pour le retrait des plaques d’immatriculation produites jusqu’au 31 décembre 2023, sous peine de destruction. Banouto précise que l’ANaTT a averti les contrevenants : les motos circulant sans plaque pourront être saisies et envoyées en fourrière, conformément à la réglementation en vigueur.
Au Nigéria, Punch souligne un tournant politique avec la levée de l’état d’urgence dans l’État de Rivers par le président Bola Tinubu, six mois après son instauration. Le gouverneur Siminalayi Fubara reprend ses fonctions dans un contexte tendu marqué par ses dissensions avec Nyesom Wike. Tinubu apparaît comme le grand gagnant de cette séquence, ayant rétabli l’ordre et conforté la position de son parti, l’APC, dans cet État pétrolier stratégique.
Au Sénégal, Wal Fadjri rapporte que l’instruction des dossiers des cinq anciens ministres inculpés par la Haute Cour de Justice arrive à son terme, avec des procès attendus début 2026. Ndèye Saly Diop, Ismaïla Madior Fall, Aïssatou Sophie Gladima, Moustapha Diop et Mansour Faye sont notamment concernés par des accusations allant du détournement au blanchiment.
Toujours lié au Sénégal mais cette fois sur le terrain migratoire, Dakaractu évoque l’arrestation de 19 Sénégalais aux Canaries, accusés d’avoir commis des actes de torture lors d’une traversée ayant fait une cinquantaine de disparus. Les témoignages recueillis par les enquêteurs décrivent un climat de terreur, avec des migrants battus, jetés à la mer ou tués sous l’effet de superstitions.
Au Mali, Maliweb revient sur l’audience consacrée aux réparations dans l’affaire Al Hassan devant la CPI. Condamné à dix ans pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis à Tombouctou entre 2012 et 2013, l’ex-cadre d’Ansar Dine attend désormais la décision de la Chambre sur les modalités de réparation aux victimes, qui pourraient être individuelles, collectives ou symboliques.
Le Burkina Faso retient quant à lui une note plus insolite. L’AIB rapporte qu’un Japonais admirateur du capitaine Ibrahim Traoré, séduit par son discours au sommet Russie-Afrique en 2023, a rencontré une délégation éducative burkinabè en visite à Tokyo. Arborant un tee-shirt à l’effigie du président, il a manifesté son enthousiasme et exprimé son désir de découvrir le pays.
Enfin, le Niger surveille de près l’évolution acridienne. Selon l’ANP, la situation demeure relativement calme, mais les services de protection des végétaux mettent en garde contre une possible recrudescence des criquets pèlerins dans l’Aïr, le Tamesna et le Ténéré. Des équipes de prospection et de lutte ont déjà été déployées pour prévenir une résurgence liée aux conditions climatiques locales et à des apports exogènes venus de Mauritanie et du sud de l’Algérie.
Sf/APA







