De Bamako à Accra, en passant par Dakar, Niamey, Conakry, Abidjan et Cotonou, l’actualité ouest-africaine de ce mercredi 4 février est marquée par des signaux de recomposition diplomatique, des batailles judiciaires persistantes, une pression sécuritaire accrue et des projections politiques, sportives et économiques à long terme, selon plusieurs médias de la sous-région.
Au Mali, les signaux d’un possible dégel diplomatique avec Washington se confirment. Maliweb rapporte que le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a reçu à Bamako Nick Checker, haut responsable du Département d’État américain, dans le cadre du dialogue politique régulier. Les discussions ont porté sur une relance de la coopération bilatérale, notamment dans la lutte contre le terrorisme et le développement des échanges économiques, les États-Unis réaffirmant leur respect de la souveraineté malienne. Le chef de la diplomatie malienne a, pour sa part, insisté sur la prise en compte des nouvelles réalités géopolitiques, en particulier la Confédération des États du Sahel (AES), désormais centrale dans les équilibres sous-régionaux.
Cette dynamique régionale s’inscrit dans un contexte sécuritaire tendu. À Ouagadougou, Sidwaya relaie un communiqué de la Fédération de Russie condamnant fermement l’attaque contre l’aéroport Diori Hamani et la base aérienne 101 de Niamey. Moscou affirme que l’assaut, revendiqué par l’État islamique, a été repoussé grâce à l’action conjointe des forces nigériennes et de l’Africa Corps russe, avec une vingtaine d’assaillants neutralisés. La Russie réitère sa volonté de renforcer sa coopération sécuritaire avec les États de l’AES, évoquant même l’implication de « forces extérieures » dans les attaques terroristes dans la région.
Pendant ce temps, au Sénégal, le bras de fer judiciaire entre le Premier ministre Ousmane Sonko et l’ancien ministre Mame Mbaye Niang connaît un nouveau chapitre. Selon Seneweb, reprenant L’Observateur et GFM, une procédure civile pour dissimulation frauduleuse de biens a été engagée contre le chef du gouvernement, dans le prolongement de sa condamnation définitive pour diffamation en 2023. Les avocats de Mame Mbaye Niang l’accusent d’avoir organisé son insolvabilité pour échapper au paiement de 200 millions de FCFA de dommages et intérêts. Le dossier a été renvoyé au 11 février devant la 3ᵉ Chambre civile du tribunal de Dakar, prolongeant un contentieux désormais déplacé du pénal vers le civil.
En Guinée, l’actualité est davantage institutionnelle. Africaguinee annonce la nomination de deux nouvelles ministres par le président Mamadi Doumbouya : Aminata Kaba à l’Agriculture et Fatima Camara à l’Industrie et au Commerce. Ces décrets rapprochent l’exécutif de la finalisation du gouvernement de Bah Oury, auquel il ne manque plus que sept portefeuilles pour atteindre l’effectif complet de 29 ministres.
En Côte d’Ivoire, l’actualité prend une tournure plus symbolique et sportive. Abidjan.net rapporte l’arrivée du trophée de la Coupe du monde de la FIFA à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny, en présence des autorités sportives et de figures emblématiques comme Marcel Desailly. Cette étape de la tournée mondiale intervient alors que les Éléphants sont qualifiés pour le Mondial 2026, renforçant l’enthousiasme populaire et la projection internationale du pays dans le football mondial.
Au Ghana, un débat mémoriel et politique refait surface. Pulse Ghana indique que le gouvernement prévoit de rebaptiser l’aéroport international de Kotoka en « Aéroport international d’Accra ». Selon le chef de la majorité parlementaire, Mahama Ayariga, un projet de loi sera soumis afin de tourner la page d’une dénomination liée au coup d’État de 1966 et de renouer avec l’héritage du Dr Kwame Nkrumah, fondateur de la nation ghanéenne.
Enfin, au Bénin, l’horizon est résolument tourné vers le long terme. Banouto rapporte le lancement officiel par le président Patrice Talon de la vision prospective « Bénin 2060, Alafia, un monde de splendeurs ». Ce document stratégique, appelé à guider les politiques publiques pour les 35 prochaines années, repose sur les piliers de la paix, de la bonne gouvernance, de la prospérité et du rayonnement international. Le chef de l’État a appelé à une mobilisation nationale, soulignant que le développement durable est le fruit d’une volonté collective et disciplinée, au-delà des alternances politiques.
Sf/APA







