Onze membres du Parlement européen ont demandé à la Commission européenne de conditionner toute augmentation de l’aide destinée aux camps de Tindouf à un enregistrement indépendant des bénéficiaires et d’évaluer si le Front Polisario pourrait relever des critères européens de classement terroriste.
Onze eurodéputés ont interpellé la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, sur la traçabilité de l’aide humanitaire européenne versée aux camps de Tindouf, dans le sud-ouest de l’Algérie, selon une question écrite adressée à l’exécutif européen.
Les signataires, parmi lesquels Céline Imart, Nicolas Bay, François-Xavier Bellamy, Christophe Gomart et Volker Schnurrbusch, demandent que toute augmentation de cette aide soit subordonnée à « un enregistrement indépendant des bénéficiaires par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés ». Ils estiment qu’une telle procédure permettrait de garantir la transparence des financements européens et d’établir avec davantage de précision le nombre de personnes bénéficiaires.
Les parlementaires évaluent à environ neuf millions d’euros par an l’aide humanitaire européenne consacrée aux camps de Tindouf. Ils rappellent que la Commission avait annoncé en octobre 2025 son intention d’accroître son soutien, tout en affirmant que l’absence de recensement indépendant continuait d’alimenter des interrogations sur la destination effective des fonds.
La démarche intervient après une attaque survenue le 5 mai 2026 à Es-Smara, dans le Sahara occidental, que les élus attribuent au Front Polisario. Selon leur texte, cette attaque aurait fait un blessé et suscité des condamnations de l’Union européenne, de la France et des États-Unis. Les députés ne détaillent toutefois pas les éléments matériels sur lesquels repose cette attribution.
Dans un second volet, les signataires demandent à la Commission si elle a évalué, ou envisage d’évaluer, la situation du Front Polisario au regard des règles européennes relatives à l’inscription sur la liste des organisations terroristes. Cette requête ne constitue pas une procédure de classement et ne préjuge pas de la position des institutions européennes.
Au sein de l’Union européenne, une inscription sur la liste antiterroriste relève d’une décision du Conseil, fondée sur des informations précises et sur une décision préalable d’une autorité compétente concernant des actes terroristes ou leur préparation.
La réponse attendue de la Commission devra notamment préciser les mécanismes de contrôle de l’aide déjà en place, les organismes chargés de sa distribution et les conditions juridiques nécessaires à une éventuelle évaluation du Front Polisario.
MK/AK/Sf/APA







